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une-35.jpgDans notre parution du mardi 1er juillet dernier sous le titre « Le kidnappeur joue au plus fin« , nous rapportions une histoire d’enlèvement d’enfants à Niamakoro. Au cœur de l’affaire se trouve un certain Mohamed Haïdara. L’homme avait été arrêté en compagnie d’un garçonnet de six ans qu’il avait appâté en lui proposant de le payer si jamais l’enfant l’aidait à transporter des poulets qui se trouvaient en sa possession.

Haïdara, repéré par un boutiquier puis coincé par des habitants en colère, avait d’ailleurs passé un très mauvais quart d’heure après sa capture et aurait même été lynché, n’eut été une intervention courageuse des policiers venus le récupérer.

L’affaire avait suscité un émoi énorme et légitime au sein des habitants du quartier de Niamakoro. Il faut savoir qu’au cours de ces dernières semaines, plusieurs disparitions d’enfants (six exactement) avaient été signalées à la police. On attendait donc de Mohamed Haïdara qu’il passe à table et indique aux policiers l’endroit où il était supposé garder les gosses qui manquaient à l’appel. Mais l’homme s’est refusé à collaborer et a au contraire essayé de gagner du temps en promenant les agents. Mais les choses semblent se dénouer sans son concours. Ainsi que nous le signalions dans notre article, en dehors du gosse trouvé en possession du ravisseur, deux autres avaient pu s’évader en profitant du relâchement de vigilance de leur gardien.

une-36.jpgCes derniers jours, deux enfants de plus ont été retrouvés. L’un a trouvé refuge chez l’imam d’une des mosquées de Daoudabougou et le second est hébergé chez le chef de quartier de Kalabancoura. Les gamins retrouvés s’étaient comme les précédents échappé en profitant de l’inattention de leur surveillant. Ils ont donné quelques détails sur les activités que menait Mohamed Haïdara. L’un des gosses, âgé de neuf ans, a expliqué à la police du 11ème Arrondissement que leur kidnappeur les avait amenés dans une maison isolée, qui à son avis devrait se trouver dans le secteur de Niamakoro. Il passait la nuit avec eux et au matin les faisait sortir pour qu’ils aillent voler des poulets laissés sans surveillance. Ceux qui ne parvenaient pas à en rapporter étaient incités à faire le mendiant pour ne pas regagner la maison les mains vides. Le butin des petits était intégralement récupéré par Mohamed Haïdara et sa compagne pour qui il constituait visiblement l’unique source de revenus.

Un seul enfant – dont les parents vivent à Sébénikoro – manque encore à l’appel parmi les six dont la disparition avait été déclarée à la police. A notre passage hier au commissariat, le kidnappeur refusait toujours d’indiquer là où sa compagne et lui habitent. L’équipe de la brigade de recherche du 11ème Arrondissement continuait d’interroger Haïdara en espérant le faire revenir à de meilleurs sentiments et le persuader de donner les informations qui permettraient de retrouver le gosse manquant.

Mais les policiers n’excluent pas une autre hypothèse : il est bien possible que le dernier prisonnier ait lui aussi réussit à prendre la poudre d’escampette. Dans ce cas, sa présence serait bientôt signalée.

Une choses est sûre : si Mohamed Haïdara ne parle pas aujourd’hui, les policiers seront obligés de le déférer au parquet, car le délai légal de garde à vue doit prendre fin ce jour.

G. A. D

Essor du 03 juillet 2008