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Les 3 et 4 décembre, une rencontre se tenait entre le Bureau du Vérificateur Général (BVG), la Magistrature et autres structures de contrôle
au Grand Hôtel. L’objectif visé par cette initiative est d’aller vers la définition des rapports sincères de collaboration en le bureau du végal, les autres structures de contrôle et la magistrature. Dans la même lancée, il a
été précisé par le Vérificateur lui même que cette collaboration est envisageable sans que cela suscite des relations de complicité qui nuiraient à la manifestation de la vérité ou empêcherait d’accomplir un travail au
dessus de tout soupçon.

Dans tous les cas, la concertation vient à point nommé à un moment où les contestations du dernier rapport du végal sont nombreuses, si bien qu’au sein de l’opinion publique nationale et internationale il y a aujourd’hui la confusion qui gagne du terrain.

LA CONFUSION ENTRETENUE

En effet, pendant que certains pensent que cela est une astuce pour certaines personnes et structures de tenter de se dérober, pour d’autres, c’est le bureau du vérificateur général qui ne fait pas bien son travail.
Autour de cette confusion entretenue, que ne dit-on pas?

En effet, depuis un certain temps, le contenu du dernier rapport du végal, tel que rendu public, a irrité plus d’un tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Pire, certains partenaires techniques et financiers ne sont pas en reste de cette confusion qui est de nature à semer les germes de la méfiance.

N’est-ce pas pourquoi certains partenaires stratégiques du
département de la Santé, un moment, avaient souhaité que la DAF de ce ministère se justifie par rapport à l’usage fait des fonds alloués? En tout cas, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est regrettable que les choses se présentent ainsi, au risque de jeter de l’opprobre sur la moralité de la gestion des affaires publiques de façon générale.

LA NECESSITE DE RECTIFIER LE TIR

Le Mali n’a pas besoin d’une situation du genre, surtout à un moment où, malgré l’existence de nombreux problèmes, force est de constater que nous sommes sur une bonne
lancée. En témoignent les considérations à l’égard de notre pays, de ses autorités, consécutivement auxquelles le pays bénéfie de financements dont ceux du Millénium Challenge Account, de l’Union Européenne entre autres.

Nous sommes donc à une étape de notre processus démocratique et du développement socio-économique où il est nécessaire de préserver les acquis socio-économiques dans l’intérêt de tous les Maliens. C’est au regard de
toutes ces considérations qu’il y a lieu de faire quelque chose pour faire bouger la situation.

EVITER LA PRISE D’OTAGE

En effet, aujourd’hui, nous sommes en proie à des suspicions qui ne sont pas porteuses de confiance, d’espoir et de progrès. Et il faut surtout éviter que nous soyons pris en otage par le végal ou un autre, fut-il si
important. La marche vers la consolidation des acquis ne doit pas être compromise. Il y a donc lieu d’être vigilant à ce sujet. C’est pourquoi nous estimons que le végal a bien fait de sortir des sentiers battus en favorisant les concertations desquelles pourrait jaillir la lumière pour
qu’en fin de compte chacun puisse avoir le coeur net. Que la justice, l’équité et la transparence soient de rigueur dans l’intérêt du raffermissement de la démocratie au Mali.

Cela ne peut être posssible que grâce au développement d’une synergie positive entre toutes les structures
impliquée dans le contrôle de gestion des fonds publiques. C’est d’ailleurs ainsi que la complémentarité dont on
fait souvent allusion peut être effective.

QUE FAUT-IL FAIRE?

Alors, que restait-il à faire, à un moment où, même au niveau de la justice on doute beaucoup de ce qui a été mis comme information à la disposition du grand public. En tout cas, le réveil a paru brutal pour nombre de compatriotes qui veulent avoir le coeur net par rapport aux accusations faites à partir du second rapport du bureau du vérificateur général.

N’ont-ils pas raison? Ce qui est irréfutable, c’est que les uns et les autres ont du mal à admettre que l’on mette des sommes aussi importantes à la disposition d’un bureau pour le contrôle de la moralité de la gestin des ressources publiques et que ce bureau produise des rapports qui soient contestés?

LE COMBLE, C’EST QUAND LA JUSTICE NE SUIT PAS LE VEGAL

Le plus grave, c’est le fait que la justice elle même ne soit pas convaincue du bien fondé des chiffres avancés par le végal. Dans ces conditions, nous sommes en droit de demander quel usage on fera de ces rapports qui semblent être des plus encombrants qu’on n’ait jamais produit dans l’histoire du contrôle de la gestion des ressources publiques au Mali?

Finalement, on se demande à quoi joue le vérificateur général? Qui est en mesure de nous fournir la réponse à cette question essentielle d’ici l’organisation de la rencontre programmée pour faire l’état des lieux de la
corruption au Mali conformément aux directives du
président de la République?

Moussa SOW

10 Décembre 2007.