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Si aujourd’hui une question hante les dirigeants des pays, particulièrement, des pays en voix de développement, c’est le problème du VIH/Sida. “En juin 1981, nous avons examiné un jeune gay atteint d’une des difficiences immunitaires les plus dévastatrices que nous ayons jamais vues. Et nous nous sommes dit nous ne savons pas de quoi il s’agit, mais nous espérons que nous ne reverrons jamais plus un cas pareil”. Ces mots du Dr Samuel Brader, alors au National Cancer Institute des Etats-Unis, nous rappellent à quel point le monde a changé en 25 ans, depuis que les médecins ont vu les tout premiers cas de sida dans les hôpitaux des Etats-Unis, de la République Démocratique du Congo, et sur les rives du Lac Victoria, en Afrique de l’Est.

Le monde a pris du temps à reconnaître la gravité de cette nouvelle crise sanitaire. Le sida est resté absent de l’ordre du jour politique, l’infection a pris une place qu’elle n’est pas prête à perdre. De fait, ce sont les communautés touchées qui se sont mobilisées pour lancer la riposte initiale à cette épidémie en rapide évolution.

UNE STRATEGIE MONDIALE

En 1985, alors que des cas étaient notifiés dans chacune des régions de la planète, un groupe de scientifiques et de spécialistes de la santé s’est réuni sous les auspices de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), afin de recommander une stratégie mondiale de lutte contre le sida, qui fut ensuite adoptée par l’assemblée mondiale de la santé, puis par l’assemblée générale des Nations Unies.

Ainsi, il a été créé le Programme Mondial de Lutte contre le Sida en 1987, puis le Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida) en 1996. Les Nations Unies ont commencé à considérer le sida non comme un problème de santé isolé mais comme une question de développement humain aussi grave que les autres problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

Ainsi, lors de la session extraordinaire de l’assemblée générale des Nations Unies sur le sida en 2001, 189 nations ont convenu que le sida constituait un problème de développement de la plus haute importance à l’échelle tant nationale qu’internationale et ont signé une déclaration d’engagement historique sur le VIH/Sida qui promettait des ripostes novatrices, des efforts coordonnés et une obligation de rendre des rapports concernant les progrès accomplis dans la lutte contre l’épidémie.

INVERSER LE COURS DE L’EPIDEMIE

La déclaration fixait une liste complète d’objectifs assortis de délais à l’appui de l’Objectif du Millénaire pour le Développement demandant de stopper l’épidémie et de commencer à en inverser le cours d’ici à 2015. Point important, la déclaration souhaitait également une évaluation des progrès faits pour combattre le sida à l’échelle nationale, régionale et mondiale à la fin des années 2003, 2005 et 2010 au moyen d’une série d’indicateurs de base élaborés par l’Onusida et divers partenaires.

LES COUCHES LES PLUS VULNERABLES

C’est dans cette optique que le présent rapport a été élaboré pour faire le point de l’épidémie qui affecte les femmes et les jeunes filles, les hommes et les jeunes, les professionnels (les) du sexe, les consommateurs de drogues injectables, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les détenus et les bébés nés avec le VIH.

C’est par un leadership et un engagement déterminés, la mobilisation de moyens sans précédent et l’application de stratégies efficaces de prévention, de traitement, de prise en charge et de soutien dans le domaine du VIH que les pays vont tenter d’inverser le cours de l’épidémie mondiale à l’Horizon 2015, conformément à l’Objectif du Millénaire pour le Développement.

LA RIPOSTE

Au cours des années qui ont suivi la session extraordinaire, la déclaration a galvanisé une action considérablement intensifiée à l’échelle mondiale, ayant permis de renforcer le plaidoyer de la société civile, de contribuer à guider les décideurs nationaux et de constituer un cadre fondamental de suivi de la riposte au VIH aux niveaux mondial, régional et national.

Cinq ans après la session extraordinaire de 2001, les données disponibles montrent l’incroyable diversité entre les pays et régions de la mise en oeuvre de la riposte telle que l’envisage la déclaration d’engagement sur le VIH/Sida. Si certains pays ont atteint des objectifs et des cibles clés, nombreux sont ceux qui ne sont pas parvenus à remplir les engagements définis par la déclaration.

DES PROGRES DANS L’ACCES AU TRAITEMENT

Certains pays ont fait d’énormes progrès dans l’extension de l’accès aux traitements, mais ont peu avancé dans l’élargissement de leur programme de prévention du VIH, alors que d’autres pays qui enregistrent maintenant une baisse de la prévalence nationale du VIH, n’avancent que lentement afin d’assurer le traitement à tous ceux qui en ont besoin.

Les progrès généraux accomplis vers la réalisation des objectifs mondiaux pour 2005 par la déclaration d’engagement sur le VIH/Sida stipulent que tous les pays élaborent et appliquent des stratégies nationales multisectorielles solides contre le VIH.

En fin de compte, les pays doivent s’approprier toujours davantage le processus de suivi et d’évaluation et manifester une volonté accrue de traduire les résultats en actions afin d’améliorer la riposte nationale au sida et de contribuer ainsi à la riposte mondiale.

Moussa KONDO (Stagiaire)

13 septembre 2007.