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« L’État malien doit prendre toutes les dispositions utiles pour sanctionner de façon exemplaire tous les responsables qui seraient convaincus d’indélicatesse dans la gestion des ressources publiques ». Telle est l’exigence principale de certains responsables de la société civile malienne. Ils l’ont clairement dit, le 10 août 2010, lors de la rencontre entre Sidi Sosso Diarra, vérificateur général et le Conseil national de la société civile.

Le 10 Août 2010, Sidi Sosso Diarra, vérificateur général, a présenté à la société civile malienne le 5ème rapport annuel du bureau du vérificateur général. Pour la circonstance, le vérificateur général, en compagnie de ses plus proches collaborateurs, a fait le déplacement pour se rendre au siège du Conseil national de la société civile du Mali.

Et, vu l’importance de l’ordre du jour, la salle de conférence du conseil national de la société civile a refusé du monde. « Le 5ème rapport annuel du vérificateur général a été publié et remis, conformément à la loi, au Président de la République, au Premier ministre et au Président de l’Assemblée Nationale. Avant de le rendre public à travers la presse et l’Internet, j’ai voulu, symboliquement, venir vous en présenter le contenu », a déclaré Sidi Sosso Diarra, au Conseil national de la société civile.

Avant de rappeler que le rapport annuel 2009 fait la synthèse de 43 missions de vérification effectuées dans 40 services publics dont 19 vérifications financières, 10 vérifications de performance, 10 missions de suivi de recommandation et 4 missions sur saisine.

Au titre des dysfonctionnements les plus graves, il a indiqué, entre autres, l’accumulation des chèques impayés ou non présentés à l’encaissement par les agents du trésor Public, la non- conservation des documents et pièces comptables, la faiblesse des applications informatiques utilisées par la Direction générale du Budget, les DAF et les services du trésor Public, l’absence d’objectifs opérationnels pour la plupart des administrations et organismes publics.

Précis, Sidi Sosso Diarra a révélé que les vérifications financières ont concerné essentiellement les services de l’assiette et du recouvrement, à travers l’agence comptable centrale du trésor, la paierie générale du trésor, notamment les transferts de fonds vers les ambassades et les trésoreries régionales de Kayes, Sikasso, Ségou et Mopti. « Ces vérifications ont mis en lumière un manque à gagner total pour l’Etat et certaines des structures vérifiées de 112,37 milliards de FCFA dont 48,41, soit 43%, sont estimés recouvrables », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter que le niveau des manques à gagner, qui évolue en dents de scie d’une année à l’autre, dépend de la taille des structures vérifiées et de la nature des vérifications. Mais, en ce qui concerne les vérifications de performance, il a indiqué qu’elles ont porté sur les secteurs du développement rural, de la santé et de la solidarité, de la justice et de la bonne gouvernance, de la recherche scientifique, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Le vérificateur général a précisé que les missions sur saisine ont porté sur l’Huilerie cotonnière du Mali, la chambre de commerce et d’industrie du Mali, le Programme ‘’objectif stratégique USAID : service de santé à grand impact’’, le centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant. « Même si les saisines ne donnent pas toutes lieu à des missions de vérification, leur nombre est de plus en plus élevé. Nous nous en félicitons, car cet état de fait porte le témoignage de l’appropriation du Bureau du vérificateur général par nos concitoyens », a-t-il déclaré.

De leur côté, les responsables de la société civile qui ont pris la parole ont clairement rappelé que c’est sur les recommandations de la société civile que le bureau du vérificateur général du Mali a été mis en place. Pour cela, ils ont estimé que leur soutien à ce qu’il considère comme leur « bébé » est une obligation.

Mais, ils ont tous souhaité la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre la société civile et le Bureau du vérificateur général. D’autres, par contre, ont exigé que l’Etat prenne toutes les dispositions utiles pour sanctionner de façon exemplaire tous les responsables convaincus d’indélicatesse.

Dans, son mot de clôture de la rencontre, Allaye Touré, Président du Conseil national de la société civile, a rappelé que la société civile était en amont de la mise en place du Bureau du vérificateur général. « Nous y sommes et nous y resterons, pour que le contrôle citoyen soit une réalité dans le pays », a-t-il déclaré. Avant de rassurer le vérificateur général du soutien indéfectible de la société civile malienne.

Assane Koné

11 Août 2010.