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Comme nous l’annoncions dans notre précédente parution, le Vérificateur général, Amadou Ousmane Touré, vient de remettre au Procureur de la république près le Tribunal de première instance de la commune III du district de Bamako, des actes de dénonciation des faits à caractère infractionnel. Première du genre dans notre pays, la cérémonie s’est déroulée lundi, dans les locaux dudit tribunal.

8 717 657 556 de FCFA, c’est le montant total en cause, dénoncé par le Vérificateur général au titre de l’année 2011 et une vérification au titre de l’année 2012. Les faits dénoncés sont relatifs notamment à la radiation d’hypothèque, la gestion domaniale et foncière, les opérations d’encaissement et de reversement de recettes fiscales au Trésor public et surtout le détournement de deniers publics.
En remettant ces rapports qui soutiennent les dénonciations de faits au Procureur de la République, Amadou O Touré a fait savoir que les documents ont été suffisamment et sérieusement élaborés avec indépendance, professionnalisme et objectivité. Le montant annoncé, selon le Vérificateur général, n’est aucunement hypothétique. Raison pour laquelle il soutient : «Pour avoir un traitement pertinent des actes de dénonciation et des pièces de corroboration, une cellule juridique dirigée par un magistrat et comprenant des compétences pluridisciplinaires, conséquemment expertes, a préparé, documenté et finalisé ces dossiers».

A son tour, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de la commune III du district de Bamako et non moins président du Pôle économique, Mohamed Dicko, a soutenu que lesdits rapports posent à la justice deux défis majeurs, notamment le défi de la transparence et celui de la légalité. «Vous venez de nous remettre les rapports et non les coupables. Ces rapports sont arrivés à bonne destination et ils seront traités conformément à la loi, rien que la loi et toute la loi», a promis Mohamed Dicko.

A noter que pour la première fois, la Direction générale du contentieux de l’Etat jouera son rôle dans le suivi du rapport du bureau du Vérificateur général. A ce titre, la directrice dudit département, Madame Ba Haoua Toumagnon, fera savoir que pour avoir un résultat souhaité, il faut la collaboration stricte de tous les acteurs concernés. «Nous seront chargés dorénavant de suivre tous ces dossiers. Si on doit défendre les intérêts de l’Etat, il faut que nous soyons en possession de tous les éléments dès le départ», a-t-elle laissé entendre.
Par ailleurs, notons que dans ces rapports, neuf dossiers ont été dénoncés par le bureau du Vérificateur général. Parmi ces cas, 7 recensent des faits constitutifs d’infraction à la loi pénale.

Ibrahim M.GUEYE

Le Prétoire du 30 Mai 2013