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Le Vérificateur Général, Amadou Ousmane TOURE a remis, la semaine dernière, son rapport annuel 2015, au Président de la République IBK, au cours d’une cérémonie solennelle qui s’est tenue à la Présidence de la République.

Notre premier constat est que la corruption et la mauvaise gestion continuent à se pratiquer au Mali. Cependant, force est de reconnaitre qu’elles ont reculé par rapport à 2013 et 2014. Les chiffres le démontrent suffisamment.

En effet, en 2013, les montants irrécouvrables ont porté un préjudice énorme à l’Etat, estimé à 80,21 milliards Fcfa dont 12,28 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion. Pour l’année 2014, ce sont 72,97 milliards Fcfa dont 33,95 milliards de fraude et 39,02 milliards de mauvaise gestion. Ce qui faisait pour les deux précédentes années un manque à gagner de plus de 153 milliards FCFA pour l’Etat.
En 2015, ce sont «des manquements qui ont entrainé des déperditions financières qui se chiffrent à 70,13 milliards de FCFA dont 32,78 milliards de FCFA en fraude et 37,35 milliards de FCFA en mauvaise gestion », relève-t-on dans un communiqué de presse du Bureau du Vérificateur Général (BVG). Ce rapport fait la synthèse des observations, analyses, critiques et suggestions formulées par le Vérificateur Général au titre de l’année 2015.

En 2014, le Vérificateur Général a fait savoir que son Bureau a permis de reverser au trésor public près de 6 milliards Fcfa de 2011 à ce jour-là, en plus des versements spontanément faits en cours des missions de vérification.

Cette année, le rapport annuel 2015 fait la synthèse de 16 vérifications financières. Au total, 23 structures, comprenant une Institution de la République, des services de l’Administration centrale y compris des Directions des Finances et du Matériel, des Autorités Administratives Indépendantes, des organismes personnalisés et des sociétés à participation étatique, ont été vérifiées.

Selon le communiqué de presse, l’une des particularités de ce rapport annuel est relative au choix rédactionnel qui, sans trahir le fond des règles et principes de la vérification, entreprend de restituer de façon intelligible et dans un langage extrêmement allégé les constatations, afin de permettre au citoyen de comprendre et d’exploiter le document. Ce choix rédactionnel est soutenu, le cas échéant, par des graphiques favorisant les meilleures appréciations possibles sur l’amplitude et l’ampleur de la corruption et de la mauvaise gestion.

Le rapport annuel 2015 a relevé des manquements notoires dans les opérations de gestion des fonds publics et du patrimoine de l’Etat. En effet, selon le Vérificateur Général, « Eu égard à la situation établie par les vérifications de 2015, il apparaît utile de noter que le phénomène de la délinquance économique et financière a véritablement tendance à survivre au génie du contrôle malien.

Place maintenant aux procédures judiciaires qui n’ont jamais été enclenchées depuis l’accession du Président IBK au pouvoir. Malgré la volonté politique affichée de lutter efficacement contre la corruption, la justice traine encore et toujours le pas.

El Hadj Chahana Takiou
A suivre…

Du 16 Octobre 2017