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La France veut nous imposer une paix avec ses parents touaregs de Kidal. Pour cela, elle a mobilisé toute la communauté internationale et particulièrement l’Union européenne et un pays africain, le Burkina Faso. Ce dernier pays travaille pour la France. Les négociations qui se déroulent actuellement à Ouagadougou sont pilotées par deux commis français : le président Blaise Compaoré et son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé.

Réellement, il faut dire la vérité, les négociations se déroulent entre le Mali, la France et ses groupes rebelles. Nous disons que les groupes rebelles ont été inventés par le gouvernement français de Nicolas Sarkhozy contre le gouvernement souverain du peuple malien. La France n’a pas d’amis mais elle défend ses intérêts à travers ses gouvernements successifs, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Le ministre français de la Coopération vient de répondre à la rue de Bamako, que la France ne soutient aucun parti et qu’elle cherche à réconcilier les Maliens. Voilà un grand mensonge.

Lorsque Mohamed Méira a été tué en Normandie, plusieurs militaires, gendarmes, policiers d’élite ont été mobilisés contre lui et on n’avait pas cherché à épargner sa vie et le juger. Il a été tué. Le MNLA a tué une centaine de soldats maliens dans une pire atrocité dont le troisième millénaire ne mérite pas cela. Et la France souhaite passer l’éponge là-dessus. Vous pensez que le Mali va continuer à vivre dans l’impunité ? Les différents massacres de Bahanga (Tarkint en 2000, Kidal et Ménaka 2006, massacre d’Abeibara 2008 et Aguel Hoc 2012).

Les Maliens ont en mémoire encore lorsqu’en 2007, les mêmes rebelles touaregs ont fait un blocus entre Anéfis et Kidal. Cela est toujours d’actualité. La rébellion au Mali est une création de l’Etat français, et aujourd’hui, cet Etat vient en pompier et même pas en bon pompier. C’est l’Etat français qui est en train de mobiliser toute la communauté internationale contre le gouvernement de transition du Mali. Mais, nous disons à notre chef d’Etat, le professeur Dioncounda Traoré, de choisir le Mali et les intérêts du peuple malien contre ceux de son mentor la France qui l’a soutenu pour l’installer à Koulouba.

Nous lui rappelons la citation célèbre du grand roi du Kénédougou, Babemba Traoré. Il avait dit ceci : «Je connais les Français, si tu leur donnes un coq, ils vont réclamer un mouton et après c’est un bœuf qu’ils vont réclamer. Lui, Babemba ne donnera jamais la terre de ses ancêtres et il préfère la mort que la honte».

Le général Noriega du Panama a fait plusieurs années dans une prison souterraine des USA et après sa purge, il a été remis aux autorités judiciaires françaises qui le réclamaient.

La France a pris son parti sur tous les théâtres de conflit. Exemples :

1) la guerre du Biafra dans les années 1960-1970. La France a reconnu le gouvernement du Biafra dirigé par le général Ojuku. Pour cela, elle avait entraîné tous les pays africains dirigés par des leaders fantoches à la solde de l’impérialisme français. Ce sont Félix Houphouët- Boigny de la Côte d’Ivoire et Diori Hamani du Niger, pour ne citer que ceux-ci. Sur le terrain de guerre, elle a entraîné des mercenaires redoutables aux côtés des sécessionnistes du Biafra. C’est là qu’est née, l’ONG du docteur Bernard Kouchner, «Médecin sans frontières».

2) La guerre du Tchad. De 1966 (date du début de la rébellion du Tchad par le Frolinat (Front de libération du Tchad) à 1990 (date de l’avènement du colonel Idriss Déby), la France a toujours choisi son parti et l’a soutenu. Nous avons en mémoire, le 16ème parallèle au Tchad qui séparait les troupes de Goukouni Weddeye et de celles d’Hissein Habré.

C’est l’Etat français dirigé par Nicolas Sarkhozy qui a crée le MNLA. Ce dernier a été chassé par le MUJAO et ce sont les troupes françaises de l’opération Serval qui l’ont transporté dans ses bagages. Depuis le début des opérations et avant l’opération, la France de François Hollande a tenté de mettre le MNLA en selle à travers les batailles de Gao et de Ménaka entre le MNLA et le MUJAO.

A présent, la France n’est pas découragée du comportement du MNLA et nous appelons nos compatriotes maliens à ne pas baisser les bras. Nous avons conquis chèrement notre indépendance le 22 septembre 1960 avec en arrière des milliers de Soudanais tombés pour la France en 1914-1918 et en 1939-45 sans oublier des milliers de Soudanais morts au cours des travaux forcés et la résistance contre le colonialisme.

A travers les négociations de Ouaga entre le représentant français, les groupes rebelles et le représentant du gouvernement de transition du Mali, il y a le non refus des représentants français d’accepter les groupes d’autodéfenses sédentaires et arabes ; cela devient une connotation raciste. La France est anti arabe et anti noire.

A travers ces négociations, le gouvernement français fait un chantage auprès des Maliens pour brandir les 3 milliards d’euros promis par l’opinion internationale après les élections de juillet 2013. Donc, ils disent aux Maliens, de signer pour avoir les 3 milliards d’euros. Non, la dignité du peuple malien est supérieure à 3 milliards d’euros. Ces trois milliards d’euros ne profiteront d’ailleurs qu’à une poignée de Maliens.

Ibrahim Ag Saleh, ancien député de Bourem qui dans une interview accordée au journal «Les ECHOS», veut nous narguer en disant «de ne pas voir au MNLA un ennemi du Mali». Cet homme n’a aucun scrupule en disant qu’il est Malien, qu’il a fait ses études au Mali. C’est le Mali qui a fait de lui un homme instruit et un élu. Malheureusement, son instruction ne l’a rien servi. Il est moins qu’un inculte.

Ag Assaleh fait le langage de l’hypocrisie comme ses alliés du HCUA. Dieu sait qu’ils sont des hypocrites comme leurs parrains français. Le MNLA ne peut donner aucune justification aux massacres d’Aguel Hoc.
Quelle explication, les officiels peuvent nous dire de signer l’accord et que c’est un bon accord. Les Maliens connaissent leurs intérêts et personne ne doit choisir à leur place.

La France, à travers ses déclarations de chantage, a déjà fait son choix depuis son projet de création du MNLA. Pierre Corneille, dans sa pièce de théâtre «Le Cid» a dit : «Albe vous a nommé, je ne vous connais plus».
Nous souhaitons la paix pour notre pays mais pas une paix imposée.

Vive le Mali et vive la paix.

Yacouba ALIOU

17 Juin 2013