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Comme dans une opération de vente aux enchères, les clubs de football féminin de Bamako rivalisent en offres pour s’arracher les services de la nouvelle coqueluche, Ramata Maïga, qui nous vient de Tombouctou. Mais, la ligue régionale de la Cité des 333 Saints veut, elle aussi, conserver “sa“ Ramata. Qui va décrocher la timbale ?

Elle n’a pas encore la finesse de Margueritte Lurette, ni la force de frappe de Maïchata Konaté “Bittar“ ou même la vista de Maïmouna Konaré “Zamorano“, mais Ramata Maïga n’est plus loin de cumuler c es trois atouts maîtres qui feront d’elle, sans doute, dans un avenir très proche, l’une des plus grandes footballeuses que le Mali ait connues.

La nouvelle perle du foot féminin malien a été révélée au public, dirigeants et responsables sportifs maliens à l’occasion de la 3è édition du tournoi national (instauré depuis 4 ans dans le cadre d’une coopération entre les fédérations malienne et norvégienne de football) organisé l’année dernière à Mopti.

Dans la Venise malienne, Ramata a impressionné plus d’un observateur grâce à sa maîtrise de balle et du dribble, son sens de la relance et du placement, sa vision de jeu et surtout son efficacité devant les buts.

Depuis, les dirigeants sportifs ont gardé un œil sur cette gamine de 14 ans dont la passion pour le ballon remonte, selon elle, au jour où elle a commencé à marcher. Comme il n’ y a pas de club féminin à Tombouctou, elle s’entraîne et joue les matches avec les garçons, soit à l’école ou dans les quartiers. Cela a contribué à l’aguerrir davantage et à lui rendre la tâche plus facile quand elle se retrouve face aux filles.

« Mes parents ne se sont jamais opposés à ce que je joue au ballon. Peut-être, croient-ils que cela n’ira pas loin », nous confie l’enfant du quartier Saré Kaïna, qui vient de décrocher avec brio son diplôme d’études fondamentales (DEF) à l’école Imam Ben Essagouty de Tombouctou.

Après donc le tournoi “norvégien“ de Mopti, les sollicitations ont fusé de toutes parts à Bamako pour avoir Ramata. Elles se sont intensifiées ces derniers temps parce que notre héros séjourne actuellement à Bamako. Elle a été convoquée par la fédération pour prendre part, avec le Super club, au festival artistique, culturel et sportif de Norvège. Au volet sportif, participent seulement les joueuses de U-15.

Depuis que Ramata est arrivée à Bamako, son oncle Oumar Aboubacrine Cissé, qui est également son superviseur (et son manager ?), est envahi de demandes provenant des clubs de la capitale.

Les contacts sont cependant très avancés avec le Mandé où elle a signé une licence, mais seulement pour pouvoir être sélectionnée en équipe nationale, comme l’exigent les textes. La ligue régionale de Tombouctou aussi est aussi dans la danse. Pour maintenir sa joueuse sur place, elle envisage de créer un club où Ramata pourrait, enfin, côtoyer des filles.

Mais, selon l’intéressée elle-même, la décision finale appartient à son père au cas où elle signerait avec un club de Bamako.
Tout compte fait, Ramata Maïga s’est envolée avec la délégation malienne, avant-hier soir, pour Oslo où elle pourrait bien taper dans l’œil des recruteurs européens.

Pourquoi pas ?


SEKOU TAMBOURA

21 Juillet 2008