Partager

Il est difficile de ne pas l’entendre. On dirait une mélopée que l’on vous murmure depuis la rue. Le mois de carême est arrivé. Il faut laisser place au jeun, le Ramadan commence. Synonyme pour tout un chacun d’une période de restriction. La question se pose encore plus quand un musulman est cuisinier, vendeur de friandises, restaurateur, serveur…

Nombreux sont les Maliens qui, pour subvenir à leurs besoins, travaillent dans la restauration. Certains construisent mêmes des restaurant, mais tous craignent le Ramadan. Si le jeun n’entraîne pas forcément une baisse des activités dans les marchés, il vide les rues de ses échoppes et désertifie les restaurants ayant pignon sur rue pendant la journée. Cela entraîne une perte de revenus non négligeable pendant toute la durée du Ramadan. De plus, les repas du ramadan sont le plus souvent pris en famille et non au restaurant. Toutes ces traditions n’arrangent pas les restaurateurs, pourtant la majorité d’entres eux restent ouvert.

Les vendeuses de beignets frits, sandwichs et autres sont peut être moins nombreuses dans la journée mais il suffit d’attendre un peu pour que les axes routiers en fourmillent dès le début de l’après-midi. Lors du Ramadan leurs activités commencent beaucoup plus tard. Les premiers clients arrivent à 16 heures pour commander des galettes de mil et de riz.

Le ramadan touche également les vendeurs qui au feu rouge proposent gâteaux et bonbons aux automobilistes. Les échoppes dont les revenus proviennent essentiellement du repas de midi ont tendances à disparaitre. Pour toutes ces personnes concernées, le Ramadan est une double restriction. D’abord celle alimentaire ensuite celle financière voyant leurs ventes nettement diminuer.

Les restaurants en salle sont les plus touchés. on accueille habituellement les Maliens fortunés ainsi que les occidentaux de passage. « Le mois de carême est toujours une période maigre pour nous », confiait un serveur d’un restaurant au centre ville : « Les touristes occidentaux fréquentent ces restaurants pendant le mois de ramadan mais ils sont moins nombreux que les autres années ». Le gouvernement Français n’a pas arrangé les choses en déconseillant à ses citoyens de se rendre au Mali.

Tom Piel

Le Républicain du 02 Août 2011.