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Le ministre avait ensuite fait le tour de ces boutiques et des grands dépôts de céréales. L’on se rappelle que lors de sa première sortie dans les « magasins témoins« , le constat était que sur la dizaine de magasins visités par la délégation ministérielle, seulement deux disposaient alors d’un stock d’une demi-tonne de riz exonéré. Les tenanciers des magasins avaient souligné un problème de ravitaillement (voir l’Essor du 5 septembre).

Lors de la tournée des dépôts des grands importateurs de céréales ceux-ci avaient promis d’achalander les « magasins témoins » jusqu’à la fin de l’opération. Ils ont tenu parole. Le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo a pu le constater lors d’une nouvelle tournée effectuée en début de semaine.

Au cours de cette sortie, il a visité une trentaine de « magasins témoins » à travers le district de Bamako : à Sénou, Faladjé, Magnambougou, Banankabougou, Sokorodji, Sogoniko, Dravéla, Bamako-Coura, Ouolofobougou-Bolibana, Niaréla, Bagadadji etc. Et partout, le constat est satisfaisant : les magasins sont remplis de riz, de sucre, d’huile et de lait.

Les Grands greniers du bonheur de Bakoré Sylla ont donné l’exemple en mettant à la disposition de tous les magasins témoins, de 2 à 4 tonnes de riz et autant de sucre. Les Grands moulins ont reparti 300 tonnes de riz entre les magasins.

Des prix en dessous du niveau indiqué

La société de Oumar Niangadou dit petit Barou et les établissements Madala Kouma se sont chargés de l’approvisionnement en lait et en huile. Ils ont acheminé au total 1820 bidons d’huile de 20 litres, 2000 sacs de lait en poudre et 500 cartons de lait. C’est le responsable de la Coordination des associations et groupements de commerçants détaillants, Hama Abba Cissé, qui donne ces précisions. Selon lui, les prix de l’huile et du lait se situent même en dessous du niveau fixé dans le cadre de la mesure d’exonération. « Tous les commerçants détaillants impliqués dans l’opération ont promis de respecter scrupuleusement les prix », assure le commerçant.

De son côté, le ministre Diallo ne cache pas sa satisfaction. « Ces sorties sur le terrain ont été très utiles. Nous venons de constater que tous les magasins témoins visités sont très bien approvisionnés et les files d’attente devant certains prouvent qu’ils sont très fréquentés par les consommateurs. Cela est rassurant« , a commenté le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce. Et d’avertir : « désormais, des agents de la Direction nationale du commerce et de la concurrence passerons vérifier le respect des prix indiquées. Celui qui ne respecte pas ces prix sera sévèrement sanctionné« .

Après avoir inspecté un large éventail de magasins témoins, le ministre a tenu a s’assurer de la situation d’un autre produit très sollicité en ce mois de Ramadan : le gaz butane. En effet, comme pour les denrées de première nécessité, le marché du gaz subit la pression des spéculateurs. Dans notre édition du 3 septembre, nous faisions état de la menace de pénurie brandie par les opérateurs gaziers.

Le gaz butane destiné à la consommation domestique est subventionné par l’État à travers l’Agence malienne pour le développement de l’Énergie domestique et l’électrification rurale (Amader). Cette subvention sur le kilogramme se chiffre à 596 Fcfa, soit 64 % du coût réel du produit qui s’élève à 914 Fcfa. Le gaz, exclusivement celui vendu dans les bonbonnes de 2,75 kg et de 6 kg, revient ainsi aux ménages à 320 Fcfa le kilogramme (voir communiqué sur les prix des produits pétroliers).

Face au risque de pénurie, les opérateurs gaziers par la voix du président de leur association, Oudiari Diawara (PDG de Sodigaz) avaient formulé deux propositions. La première consistait à couper la poire en deux : le consommateur prendrait en charge une partie de la hausse et l’État l’autre partie par l’entremise d’une rallonge budgétaire. La seconde proposition consistait à l’application totale de la vérité des prix avec une suspension de la subvention publique et une bonbonne de 6 kg vendue au prix public de 5400 Fcfa.

Les jours suivants la parution de notre article, le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo avait rencontré les opérateurs gaziers afin de trouver une solution à la situation. Au terme de ces concertations, les opérateurs gaziers ont obtenu le paiement de 4 mois d’arriéré de factures au titre de la subvention de l’État, soit 1,1 milliard de Fcfa. Précisons à ce propos que l’enveloppe allouée à la subvention du gaz domestique au titre de l’exercice 2008, s’élève à 3,68 milliards de Fcfa. Or, il se trouve que ce financement est épuisé depuis le 31 juillet.

Reponse diligente : Après le déblocage d’une nouvelle tranche de subvention, le ministre a voulu s’assurer de la présence de stocks de gaz dans les dépôts afin de prévenir toute pénurie sur le marché. De Total-Mali à Sodigaz, en passant par Faso gaz et Sigaz, Ahmadou Abdoulaye Diallo et sa délégation ont constaté qu’une importante quantité de gaz était stockée dans les différents dépôts.

A Faso Gaz, le stock est de 420 tonnes de gaz réparties dans 7 cuve de 60 tonnes chacune. La production journalière de cette société se situe entre 2000 et 4000 bouteilles de gaz de 6 kg.

Total-Mali est la plus grande des sociétés de la place évoluant dans le créneau. Sa capacité de production journalière dépasse 5000 bouteilles avec une capacité de stockage de plus de 1000 tonnes.

À Sodigaz, le stock disponible est estimé à 172 tonnes, soit la production de trois jours de la société. Mais le PDG, Oudiari Diawara, s’est montré rassurant : « nous avons 5 citernes en provenance d’Abidjan et de Dakar. Elles seront là très bientôt. Il n’y aura pas de pénurie« .

Sigaz est la plus petite des sociétés de gaz de la place. Elle écoule entre 900 à 1000 bouteilles par jour. Elle dispose cependant d’une technologie de pointe qui lui permet de produire en plus du gaz butane, le gaz médical et à d’autres usages.

Les opérateurs gaziers à travers leur président, Oudiari Diawara, ont remercié le ministre pour la réponse diligente apportée au risque de pénurie. « Nous rassurons les consommateurs : il n’y aura pas de pénurie ni de flambée des prix. Le marché sera régulièrement approvisionné« , ont-ils promis.

Le directeur général adjoint de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Ibrahima Dansoko, s’est dit rassuré après cette visite. Selon lui, le stock disponible dans les différents dépôts suffit à bien ravitailler le marché pendant toute la période du Ramadan.

S’adressant de son côté à ceux qui seraient tentés de spéculer sur les prix, le directeur régional du District du Commerce et de la Concurrence, Kane Diallo, a averti que des équipes sont sur le terrain pour les contrôles. « Toute personne qui sera prise en flagrant délit de spéculations et de transvasement sera arrêtée« , a-t-il assuré.

Doussou DJIRÉ

12 Septembre 2008