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Dans l’une des exhortations aux créatures douées de raison, il est dit notamment dans les Révélations : «  Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent. Je n’attends d’eux aucun bien. Je ne leur demande pas de me nourrir « . (51-55).

Cette adoration du Tout Puissant, à laquelle aucune limite n’est fixée, ni dans le temps ni dans l’espace, sinon la capacité de chaque individu, se concrétise d’abord, selon les oulémas, dans l’observance des piliers de l’islam. Variées dans leur forme et périodicité, certaines plus visibles que d’autres, ces pratiques dans leur essence, sont l’expression de l’unicité divine.

« Il m’a été dit « Acquitte-toi des devoirs de la religion en vrai croyant. Ne sois pas du nombre des polythéistes. N’invoque pas en dehors de Dieu ce qui ne peut te profiter ni te nuire. Si tu agissais ainsi, tu serais au nombre des injustes« . (10-105) est-il rappelé à ce propos. Parmi ces devoirs, les spécificités du jeûne sont soulignées à maints égards : « Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez – vous la piété, » (2-183).

Dans les communautés musulmanes, « le mois d’attente du mois de jeûne« , marqué par des pratiques volontaires de jeûne, plus que tout autre période de l’année, plonge déjà les fidèles dans l’atmosphère de ferveur et de piété qui baigne le Ramadan, contribuant ainsi à la préparation spirituelle pour le mois sacré. Les oulémas rapportent à cet effet que c’est le temps où le Messager (PSL) multipliait les jours de jeûne surérogatoire. Ses proches qui ont à cet effet noté que : « Jamais le Prophète n’a jeûné un mois en entier, sauf le ramadan« , soulignent cependant que dans sa période d’attente, « il jeûnait (volontairement) si souvent au point qu’on avait l’impression qu’il ne rompait jamais son jeûne ; et il le rompait si longtemps, au point qu’on pensait qu’il ne jeûnait jamais (en supplément)« .

Les oulémas rapportent par ailleurs ces exhortations du Messager : « Ne jeûnez pas un ou deux jours avant le ramadan, exception faite à l’homme qui avait l’habitude de jeûner (le lundi ou le jeudi par exemple ; au cas où le début du ramadan tomberait un mardi ou un vendredi)« .
Pour les théologiens, le mois de jeûne est le temps pour le fidèle musulman, de témoigner de sa reconnaissance au Créateur suprême pour tous les bienfaits dont il l’a gratifié, et au nombre desquels la santé n’est pas le moindre. L’homme a en effet tendance à considérer ces bienfaits comme acquis ; et les apprécie seulement quand ils font défaut. Tel individu, en mesure de se procurer toutes sortes de victuailles, peut être contraint de s’en priver, quand la santé vient à défaillir. Tel autre au contraire, peut ne point avoir les moyens de s’en offrir quand il le veut.

Pour les oulémas, en s’imposant des privations pendant un certain temps, avec sa sincérité comme seul repère, le fidèle marque sa soumission aux commandements divins, son aspiration à complaire au Tout Puissant. « Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba) qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! » (106-3)

A. K. CISSÉ

Essor du 29 août 2008