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A l’instar des autres années précédentes, le mois de ramadan au Mali coïncide avec la période de canicule. Si l’on se réfère aux données  météorologiques, les températures récentes enregistrées avoisinaient vers les 40° même si on pouvait constater une réticente baisse. elles a baissé un peu durant la semaine récente. Une mauvaise nouvelle pour les fidèles croyants mais, une bonne pour les glaciers qui se réjouissent de leur vente. D’après ces vendeurs, le marché est très rentable en ce moment de forte canicule. 

Pendant et après la rupture, quoi de plus rafraîchissant que de boire une bonne gorgée d’eau glacée pour reprendre plus de force. Après avoir bu cette eau fraîche, le corps reprend sa nature normale. 

Partant de ce fait, en plus des anciens, Pas une seule personne, plusieurs maliens excellant dans d’autres domaines de commerce ont dû faire une transition vers la vente de la glace. Motif, la chaleur presque suffocante pousse les fidèles croyants à boire plus d’eau glacée.

Les glaces se vendent à des prix différents en fonction des communes ou des quartiers mais, le prix connu de tous est 50 F CFA. « Nous vendons nos glaces, une boule à 50F CFA. En ce temps-ci, elles s’écoulent très vite contrairement aux autres mois. Chaque famille cherche à avoir au moins sa boule » martèle Affoussata Koita, vendeuse de glace. 

Fatim Assan SIDIBÉ est une vendeuse de jus habituellement. Ayant à son actif 02 réfrigérateurs, elle a stoppé la vente de ces jus au profit de celle de la glace uniquement. Selon elle, il tire plus davantage en faisant le plein de ces deux appareils. « Je remplis ces deux réfrigérateurs que vous voyez, chaque Matin. C’est le soir que je commence à livrer la glace à mes clients réguliers et non réguliers. Je vous assure que la vente marche très bien pour moi, je vends toutes mes glaces » dit-elle avec un air très souriant.

Le délestage dû au dysfonctionnement de l’électricité, un frein à la bonne production de la glace

Le Mali surtout la capitale malienne fait face à une coupure incessante de l’électricité. Ainsi chaque quartier, à tout de rôle, fait preuve de ce mal fonctionnement de la fourniture électrique. Ce dysfonctionnement joue négativement sur cette activité. « Ici en rive droite, cette coupure de courant est récurrente. Elle est devenue presqu’une tradition chez nous. Les glaces ne sont pas formées à temps et cela génère une perte énorme pour nous » a martelé Korotoum Koumba, vendeuse de glace. 

Dily Tata est aussi vendeuse de glaces, elle interpelle le gouvernement malien à trouver une solution idoine à ce problème. « Par rapport au délestage, il faut que les autorités réagissent le plus vite possible sans quoi les glaces seront presque insuffisantes. » a-t-elle conclu. 

En attendant qu’une solution soit vite trouvée à ce mal, les vendeurs de glaces continuent de vivre cette situation dans l’impatience. Une chose est sûre, ils gardent le sourire.

Les risques et les avantages de consommer de la glace en cette période de ramadan

Ils sont nombreuses à Bamako à vendre de la glace. Le nombre d’habitants et la température l’obligent. Le Mali étant considéré comme un pays laïc, la majorité  de la population jeûne. Durant la rupture avec le jeûn, le corps étant affaibli vers le petit soir, a besoin des aliments nutritionnels notamment de l’eau glacée afin de se ravitailler. Quoi de plus normal que de la consommer ? Puisque le corps se trouve déshydrater à cette heure. 

Le jeûn ou pas, les docteurs conseillent aux personnes de boire 1,5 litre par jour, la bonne hydratation. Ce repère de 1,5 litre correspond à environ 8 verres d’eau.  Le corps humain étant déshydraté durant des longues heures, à la rupture, les fidèles croyants doivent obligatoirement se ressourcer. Au Mali, à cause de la présence d’une forte chaleur qui a d’ailleurs baissé le ton durant une semaine maintenant, tout le monde fait recours à l’eau glacée. « Les docteurs disent que de ne pas commencer à rompre avec le jeun avec de l’eau glacée, mais je le fais bel et bien. L’eau glacée donne plus de force au corps humain. Par conséquent, il faut la consommer suffisamment » tels sont les propos du vieux Chaka Djan. 

Les docteurs sont en majeure partie d’accord avec le fait qu’il faut suffisamment consommer de l’eau après la rupture et si possible de se laver de temps à autre durant la journée. L’eau est essentielle pour un bon fonctionnement des reins. En effet, les reins ont besoin d’assez de fluides pour purifier les déchets et permettre le transport de l’urine vers la vessie. Passer déjà des heures sans boire est un danger. De ce fait, après la rupture, il faut boire plus d’eau. Et puisque nous sommes dans un pays chaud, la population fait recours à l’eau glacée. C’est d’ailleurs normal même si sa consommation abusive a des répercussions sur la santé » a martelé Dr Kassim Dioba Danté.

Qui sont ceux qui achètent de la glace et à quelle période du jour est-elle plus consommée ?

Le Mali fait partie des pays chauds de l ‘Afrique. Le climat étant très chaud, le mois de carême ou pas, la population consomme la glace. A noter que c’est durant ce mois béni  que le chiffre d’affaire des vendeuses grimpe. Les  musulmans jeûnent et achètent de la glace, bref, d’ailleurs tout le monde fait recours à elle. « Durant ce mois de ramadan, tout le monde achète la glace. Ceux qui jeûnent et ceux qui ne jeûnent pas.    Ce qui fait d’ailleurs que le marché est plus rentable. Cependant, pour une question de priorité, nous décidons  parfois de vendre seulement à ceux qui jeûnent. C’est ce qui fait que c’est environ les 17 h 30 minutes que la glace est plus achetée » clarifie Mouna SIDIBÉ, vendeuse de glace. 

Quels risques de consommer la glace ?

La glace a des effets bénéfiques et des conséquences négatives. Elle est appréciée par tout le monde, surtout par les fidèles musulmans en cette période de ramadan. Sa consommation n’est pas sans effets secondaires, il suffit de jeter un regard sur ses conséquences néfastes pour s’en méfier. Raison pour laquelle, certains docteurs déconseillent aux gens de boire une eau qui est trop glacée pendant la rupture. « En fait, l’eau est notre meilleure alliée en ce mois de carême. Par contre, il faut utiliser cette eau ni trop fraîche, ni trop chaude, pour ne pas provoquer de collision thermique et troubler le corps. L’eau glacée a des effets gênants sur les dents et  dérangements au niveau de la fonctionnalité normale de l’appareil gastro-intestinal. Alors, comme solution, il est conseillé de boire l’eau fraîche ou ambiante et non celle glacée » a conclu Dr Kassim Dioba Danté. 

En rappel, carême ou pas, les docteurs invitent les populations à consommer de l’eau glacée avec plus de modération.

Bourahima Kampo, un distributeur engagé de la glace

Un adage dit « Il n’y a pas de sot métier ». Tout travail qui permet à l’Homme de gagner son pain est le bienvenu. Bourahima Kampo, ce jeune étudiant en droit privé, ayant bien assimilé cette citation, s’engage dans n’importe métier pourvu qu’il gagne un revenu mensuel. Grâce à son honnêteté, son courage et à son assiduité, en ce mois de ramadan, il est vite embauché par une dame au nom de Adam Thiam, pour distribuer de la glace à ses différents clients. 

Il aurait pu s’asseoir tout comme beaucoup de jeunes le font à Bamako en espérant trouver un travail dans un bureau climatisé. Chaque soir, sur une moto KTM de couleur noire en mauvais état qu’il emprunte d’ailleurs à un ami, un panier du genre recouvert de sachet bleu placé en arrière, il distribue ses glaces avec un air joyeux. Jeune étudiant en droit privé, Bourahima Kampo a quitté Mopti  pour ses études dans la ville de Bamako. Il est issu d’une famille modeste, c’est qui explique le fait que le jeune ne trie pas de métier. Ce jeune homme surnommé  « 12 métiers » au quartier, a déjà séjourné dans plusieurs domaine d’activités notamment aides maçons, vendeur ambulants,  vendeur de montres avant d’être distributeur de glaces. Exercer plusieurs métiers est est une obligation pour cet étudiant, car il doit vivre d’eux et s’acheter des brochures à l’université. « Je fais tout comme métiers. J’ai commencé ce nouveau boulot en ce mois béni parce que ma patronne me paye assez bien. Puisqu’elle vient d’une grande famille, elle me charge de livrer chaque soir des glaces commandées par ses frères et sœurs dans la commune IV. Je peux livrer plus d’une quarantaine de glaces par jour et je suis rémunéré à 1000 F CFA chaque soir. Je fais ce métier en attendant que le mois ne finisse, car il fatigue moins » dit-il. 

Ce métier choisi par ce jeune homme en ce mois béni est bénéfique selon lui car il arrive à subvenir à ses besoins et à aider sa mère qui réside village. « Grâce à mon nouveau métier, j’arrive à assurer mon droit pour louer notre maison collective. J’ai assez gardé également pour assurer l’argent du carburant pour la reprise des cours. J’ai aussi acheté du sucre pour ma mère au village. Je ne peux qu’être fier de moi même » se réjouit-il. 

Parmi ses amis, Bourahima Kampo a des admirateurs grâce à son côté travailleur. Selon eux, le jeune n’attend absolument rien de personne pour régler ses problèmes.  « Parfois, je me dis que Bourahima Kampo est doté d’un moteur tellement qu’il aime travailler. Souvent, les gens se moquent de lui mais il reste déterminé pour sa cause » a affirmé Kassim Tapo, un de ses proches. 

D’après Adam Thiam, la patronne du jeune homme, Bourahima Kampo est un jeune brave, travailleur et honnête. Elle ajoute que c’est le seul jeune dans le quartier à qui elle a fait confiance pour distribuer ses glaces. « Au début, j’ai été trompée par plusieurs jeunes. Certains ne venaient pas avec l’argent au complet. D’autres avançaient des arguments selon lesquels ils avaient perdu en cours de route. Je perdais assez d’argent. C’est un jour, ma sœur m’a conseillé le jeune Bourahima Kampo. C’est la première fois que nous travaillons ensemble et je peux affirmer haut et fort qu’il est d’une bonne moralité. Je retiens de lui un jeune bosseur et engagé. J’ose espérer que le mois prochain, nous travaillerons ensemble. Dans le cas contraire, je lui souhaiterais une bonne aventure pour son nouveau boulot. Quand même, ce jeune sera toujours apprécié par ses futurs collaborateurs » a conclu la bonne dame.

A croire que rien ne se gagne sans peine. Autant souffrir en travaillant ardemment que de s’adonner au banditisme.

Adama Sanogo

@Afribone