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Ce mois ramadan ne passe pas inaperçu pour les bamakois. Tous les voix et moyens sont bon pour avoir accès au firdaws. Les réveilleurs traditionnels sont des personnes qui passent de porte en porte le petit matin pour réveiller les femmes afin qu’elles réchauffent ou préparent le suhur (repas de l’aube) pour les membres de leur famille. En plus de jeûner, ils veulent multiplier leurs mérites en servant la population autrement, autant dire alors  un marteau à deux coups.

Sylla Kanté résident dans la commune IV du district de Bamako précisément à Lafiabougou. Il a fait de cette activité sa préoccupation première chaque année. Avec son endurance, sa vivacité et sa détermination indéfectible, il fait presque le tour de chaque ruelle. D’après lui, il s’y adonne à fond pour réveiller les femmes qui dorment profondément.  Ce jeune homme, malgré qu’il ait la charge d’une famille restreinte, ne cherche pas une récompense matérielle ou financière. Pour lui, c’est une manière de servir le bon Dieu. « Ce métier je le fais par plaisir. Je ne le fais pas pour de l’argent, non plus pour séduire une personne pour qu’il m’aide. Je m’offre le luxe de servir le peuple afin que Dieu me le rende à son tour » dit-il d’un air gai. 

Les personnes menant cette activité sont critiqués et dénigrés par une couche de la population. « Nous menons cette activité pour deux causes : aider la population et avoir plus de mérite auprès de Dieu. Cependant, certains nous traitent de voleurs ou d’illustres profiteurs. Il faut que la population sache que nous n’avons rien à gagner en retour car, nous travaillons déjà. D’autres nous découragent en nous disant en face que les réveils des téléphones existent pour ça. » a-t’il ajouté.

D’autre part, certaines femmes apprécient le geste gratuit des réveilleurs traditionnels car elles qualifient cette activité de bénéfique pour elles. « J’apprécie ces jeunes hommes qui me réveillent chaque matin. Les femmes comme nous, ne peuvent pas être réveillées par un téléphone. Je conclus alors qu’ils arrivent à temps, pour nous sauver.» dixit Fatoumata Fily Traoré, une ménagère.

Devenue une passion émérite pour ces jeunes hommes, être réveilleur traditionnel s’étendra t-il sur l’ensemble de Bamako?

Adama Sanogo

@Afribone