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Quatre jours après le début du mois de ramadan, les prix des denrées de première nécessité sont difficilement abordables sur l’ensemble des marchés de la capitale malienne.

jpg_une-934.jpgLe mois béni du ramadan arrive cette année dans un contexte extrêmement difficile au Mali. Notre pays traverse une période de crise socioéconomique sans précédent et le mois de carême est parti pour être un casse tête pour les fidèles musulmans à Bamako. En effet, le marché d’approvisionnement en denrées de première nécessité renoue avec sa traditionnelle inflation et la spéculation des prix pratiqués sur les produits comme la viande, le poisson, l’œuf, l’huile, la datte, le lait, l’oignon, le sucre, entre autres.

Des marchés de Djélibougou, Boulkassoumbougou à la place de Sikasso au nouveau marché Dossolo de Médine en passant par la place de Niono à Niaréla jusqu’au marché Dabanani, les prix de ces produits de consommation courante ont pris l’ascenseur. Le prix de la viande (précieuse pour la préparation des mets pendant ce mois) a augmenté : le kilogramme de la viande avec os est vendu à 2000 F cfa contre 1800 F cfa avant et la viande sans os est cédée à 2300 F cfa contre 2200 F cfa. L’alvéole d’œufs est de 2100 F cfa contre 2000 F cfa et le prix unitaire est passé de 75 F cfa à 100 F cfa. Le prix du litre de l’huile blanche est passé de 800 F cfa à 900 F cfa et le prix de l’huile rouge est passé de 750 F cfa à 800 F cfa le litre. Cette augmentation, dira Vieux Touré, commerçant au marché de Niaréla, est dû à l’arrêt des usines de production nationale d’huile notamment le Dianor de Koutiala, l’Agroma de Kita et l’usine de Nimaga N° 1 à Magnambougou (Bamako). La datte qui est très sollicitée pour la rupture du jeûne a connu une légère augmentation par rapport au prix pratiqué sur le marché. Selon Mohamed Doucouré, commerçant à Dabanani, il existe plusieurs qualités de dattes sur le marché malien à savoir : la datte sucrée, la datte blanche (Trègal), la datte Koumou et la grosse datte (cette dernière catégorie se fait actuellement rare).

Le kilogramme de la datte sucrée, blanche, Koumou et la grosse datte est cédé respectivement à 600 F cfa, à 700 F cfa, 650 F cfa et 900 F cfa contre 550 F cfa, 600 F cfa, 600 F cfa et 1400 F cfa avant le mois de ramadan. Le prix du kilogramme de lait a pour sa part augmenté de 100 F cfa. L’oignon aussi est passé de 225 F cfa à 300 F cfa. Ces augmentations sont constatées malgré les efforts consentis par le gouvernement pour accompagner les commerçants dans leur volonté de réduire les prix des denrées sur le marché pour le bien des populations pendant ce mois de carême (l’Etat a fixé le prix du kilogramme de sucre à 540 FCFA et celui du riz à 350 francs CFA chez les commerçants détaillants). Toutefois, beaucoup de commerçants détaillants font dans la surenchère, en vendant le kilogramme de sucre jusqu’à hauteur de 600 FCFA.

Selon bon nombre des consommateurs, ces augmentations des prix des denrées de première nécessité sont devenues cycliques et insupportables. Rencontré au Marché de Boulkassoumbougou, une ménagère nous a raconté toutes les difficultés des familles à avoir accès aux denrées fondamentales indispensables pendant ce mois de ramadan. « Tout est cher actuellement sur le marché, j’ai l’impression qu’ils (les commerçants) font exprès d’augmenter les prix durant ce mois », a-t-elle poursuivi.

Moussa Dagnoko

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain du 25 juillet 2012