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La 49è édition du Club de la presse de la Radio Kledu a été consacrée, le samedi 12 avril 2008, au thème « paix et sécurité, désarmement, prévention des crises, violences et terrorisme ». Animée par une pétillante présentatrice, Assa Sakiliba, l’émission avait comme panélistes le Dr Zeini Moulaye, qui bat le record de publication sur la question de sécurité au Mali. Avec six livres publiés dont un traduit récemment en anglais, il est de loin l’une des personnes les mieux indiquées pour parler de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

Parmi les invités, il y avait également Mme Fatoumata Maïga. Elle s’illustre particulièrement dans le mouvement de la société civile contre la prolifération des armes légères.

Elle-même rappelle qu’elle a fait notamment partie de ceux qui ont appuyé l’initiative d’un moratoire contre la prolifération des armes légères du président Alpha Oumar Konaré.

Ce moratoire est devenu une convention communautaire. Accord que tous les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDAO) ne s’empressent pas à ratifier.

Le troisième panéliste de ce club de la presse de la Radio Kledu était le Pr. Modibo Goïta qui enseigne le droit international à l’Ecole de maintien de la paix de Bamako et à l’Ecole militaire inter armes de Koulikoro.

Hormis la qualité des conférenciers, il faut signaler la présence de journalistes venus de l’intérieur du pays, surtout des régions du nord. Ces derniers ont témoigné de l’intérêt de leurs auditeurs pour les questions liées à la sécurité.

« Il y a même des officiers de l’armée qui vendent des armes », a révélé un intervenant tout en indiquant que les sources d’approvisionnement sont multiples. Combattre des problèmes de ce genre relève de ce que Dr. Zeini Moulaye a appellé les défis sécuritaires.

Ces défis ont conduit à 33 coups d’Etat en Afrique de l’ouest depuis les indépendances. Ils alimentent aussi de nombreux conflits comme les rébellions touarègues au Mali et au Niger.

Parmi les facteurs qui menacent la paix et la sécurité, les conférenciers ont cité, entre autres, le banditisme, la pauvreté et le chômage des jeunes. « Il y a encore des gens qui meurent de soif et de faim dans notre pays », a commenté Dr. Zeini Moulaye.

Au niveau politique, il y a une rage de la conquête et la conservation du pouvoir alors que les gouvernants ne peuvent pas répondre à la demande sociale. Résultat : l’émigration clandestine et la fuite des cerveaux, des situations qui favorisent l’installation de l’insécurité.

Quant au terrorisme, le concept a fait l’objet d’une grande discussion. Le Pr. Modibo Goïta, en tant que spécialiste du droit international, a lui-même avoué ne pas être à même de donner une définition consensuelle du terme. « J’ai recensé plus de 150 définitions du terrorisme », a-t-il laissé entendre.

Pourtant, l’assistance voulait que le Pr. Goïta se prononce sur le qualificatif approprié à la situation de la région de Kidal : Bahanga et sa bande sont ils des terroristes. Pour le juriste, ce n’est pas certain. « On ne négocie pas avec un terroriste », a -il souligné.

En ce qui concerne les solutions, c’est tout le monde qui doit agir selon Fatoumata Maïga qui pense que le rôle de la société civile est très déterminant. « Les gouvernants font ce que le peuple exige d’eux », a-t-elle dit.

Mais pour le Pr. Goïta, les gouvernants doivent faire plus, même s’il n’y a pas un modèle universel pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité.

Soumaila T. Diarra

16 avril 2008.