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Voilà plus d’un mois que l’information liée à la radiation des quelques 263 fonctionnaires de la Fonction publique de l’Etat est tombée avec son vent de frayeur dans les rangs de ceux qui ont été directement indexés par cette décision ministérielle.

Certes, ladite décision émane du gouvernement, mais chaque chose doit être faite en son temps. Cependant, le hic qui fait tilt dans l’esprit de maints Maliens et qui est perçu soit comme une politique de « deux poids deux mesures », soit comme une affaire de vengeance, c’est que le ministre de tutelle se serait livré à une « chasse aux sorcières » qu’il ne pourra pas terminer, compte tenu du peu qui reste de la période transitoire.

La raison est simple : son département a des missions autres que celles dont il se fait prévaloir comme un « exploit du siècle ». Sur ce point, un petit tour dans les allées et couloirs dudit département nous livre certaines confidences qui soutiennent mordicus que le ministre devrait plutôt jeter son dévolu sur les vieux agents qui refuseraient d’aller à la retraite pour céder la place à la nouvelle génération.

Pourtant, ces agents victimes de radiation et qui, selon le ministre, étaient entrés par effraction dans la Fonction publique par le biais de leurs accointances avec de hauts cadres du régime déchu, ont été recrutés sous un régime légal pour une raison bien simple : le Président déchu a été démocratiquement élu par le peuple malien. Parler donc « d’infraction » dans le processus de recrutement des fonctionnaires à la Fonction publique durant ces dix dernières années n’est pas du genre à calmer les esprits. Mais que dit le ministre de la Fonction publique aux vieux agents qui trainent encore leurs savates dans l’administration malienne ?

En tout cas, les Maliens ont désormais les yeux rivés sur le gouvernement, surtout par rapport à la violation des lois du pays, du droit et de l’étique de notre administration. En tout cas, le ministre de la Fonction publique semble ignorer qu’au-delà de trois d’exercice, le fonctionnaire ne peut pas être considéré dans ladite Fonction comme un va-nu-pieds. Sans aucune connaissance des contours juridiques (pourrait-on dire), le ministre vient de fouler la loi aux pieds. Il lui faudra alors « retomber sur ses pieds » en réalisant que l’administration n’est pas un patrimoine personnel qu’on gère comme on veut et on peut.

Serge Lath

31 Octobre 2012