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L’organisation sociale de notre pays assigne des rôles et responsabilités différentes aux hommes et aux femmes. Cette différence engendre des discriminations à l’encontre des femmes dans toutes les sphères de la vie socio-économique et politique. C’est pourquoi, malgré leur importance numérique, leur contribution à l’économie du pays, les femmes sont sous-représentées au niveau des postes nominatifs et électifs. Alors que l’implication des femmes aux prises de décisions est nécessaire pour le développement durable et la lutte contre la pauvreté dans le pays.

DISCRIMINATION POSITIVE EN FAVEUR DES FEMMES

Pour accélérer le processus de participation des femmes à la vie publique, certaines organisations féminines et partenaires techniques et financiers ont proposé l’institutionnalisation du principe de la discrimination positive en faveur des femmes, conformément aux dispositions de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) adoptée par plusieurs pays africains dont le Mali. Mais, des voix se sont élevées contre cette discrimination positive qui est non conforme aux dispositions de la constitution.

Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, les femmes sont sous représentées au niveau des postes nominatifs et électifs.

UN PROJET DE LOI REJETE

En plus des efforts du gouvernement et ceux des organisations féminines, pour une plus grande représentativité des femmes, à travers la discrimination positive, il avait été proposé un projet de lois sur l’institutionnalisation d’un quota pour les femmes dans l’élaboration des listes électorales des formations politiques.

Ce projet de loi a été rejeté par l’Assemblée Nationale du Mali, parce que les élus de la nation trouvent qu’il est non conforme aux dispositions de la constitution malienne qui n’est pas indifférente à la question de l’égalité des sexes.

Ainsi, “l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion” semble avoir limité le champ d’application de la discrimination positive dans notre pays. Et cette réaction des députés a suscité des débats.

DES CONVENTIONS SUR LA DISCRIMINATION POSITIVE POURTANT RATIFIEES

Aussi, il faut rappeler que notre pays a ratifié, signé ou adopté des textes internationaux qui prônent la discrimination positive. Alors que valent ces textes internationaux s’ils sont anticonstitutionnels ?

En tout cas, il existe une contradiction entre ces textes et la constitution malienne. C’est dans ce cadre que le projet de Renforcement des Capacités des Organisations Féminines du Mali (RECOFEM) a organisé un atelier sur la discrimination positive et la constitution de la République du Mali pour mettre en exergue les atouts et les limites de la discrimination positive comme moyen d’action pour la promotion féminine et l’équité de genre.

Ainsi, au terme de cet atelier, après des échanges sur les communications sur la discrimination positive et la constitution de la République du Mali, il ressort que la discrimination positive est anticonstitutionnelle.

Donc, si on veut la mise en place de quotas pour les élections, il va falloir envisager une révision de la constitution du 25 février 1992, un autre débat.

Dado CAMARA

26 janvier 2007.