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Après les cafouillages et autres tergiversations provoquées par les résultats catastrophiques de “l’Initiative Riz”, beaucoup de Maliens s’attendaient à des retombées punitives, ou du moins, à la tombée des sanctions. C’est désormais chose faite, depuis le léger réaménagement “technique“ intervenu au sein de l’équipe gouvernementale le 9 Avril 2009.

Et c’est l’actuel ministre de l’Environnement et de l’Assainissement et non moins ministre de l’Agriculture, M. Tiémoko Sangaré, qui a fait les frais de ce que bien des observateurs de cette fameuse Initiative Riz ont qualifié “d’amateurisme”, voire “d’incompétence”.

En effet, du très “mielleux” département de l’Agriculture, M. Tiémoko Sangaré permute pour débarquer, avec armes et bagages, dans le très “fielleux” ministère de l’Environnement et de l’Assainissement. Comme qui dirait donc, c’est toujours mieux pour le 3è Vice-Président de l’ADEMA-PASJ qui ne pouvait espérer mieux, tant les griefs formulés contre lui, dans le cadre de l’Initiative Riz, étaient et restent encore nombreux.

Dans ce registre, on peut citer, entre autres faits, les anciennes fuites en avant du ministre qui, disait-on, faisait la guerre à la Primature qui avait voulu l’exclure de l’exécution de l’Initiative Riz. En vérité, il n’en était rien !… Ensuite est survenue cette rocambolesque affaire de fourniture d’engrais, dans laquelle le ministre Tiémoko Sangar avait pris sur lui la responsabilité d’adjuger le marché. Et l’on raconte qu’il l’aurait fait, de gré à gré, à un seul fournisseur de la place. Pourquoi? Allez, ou n’allez pas savoir…

Dans tous les cas, il se murmure qu’il aurait perçu une faramineuse commission sur ledit marché. Si la rumeur s’avère fondée, autant dire qu’il n’aura plus à “souffler le chaud et le froid” au sein de son nouveau département d’affectation, en l’occurrence, celui de l’Environnement et de l’Assainissement. Mais au delà de tout demeure toujours l’incapacité du ministre permuté à prouver la véracité de sa ancienne petite phrase : “Il y aura du riz pour tout le monde, et à un prix raisonnable”. Aussi, ses détracteurs soutiennent-ils que Tiémoko Sangaré n’avait plus rien d’autre à faire que… de “plier bagages“.

Et lesdits détracteurs, d’enfoncer le clou, en clamant qu’heureusement pour lui, il n’est pas qu’un simple ministre, puisqu’étant le 3è Vice-Président de la première force politique du Mali (l’ADEMA PASJ), de surcroît, partenaire politique de poids du Président de la République. N’eut-été cela, il aurait fait ses adieux au Gouvernement Modibo Sidibé, concluent-ils. Comme pour dire que Tiémoko Sangaré doit son “repêchage” au contexte politique actuel. C’est dire aussi qu’en politique, l’opportunisme peut, lui aussi, avoir des côtés, sinon… des résultats positifs.

En effet, Tiémoko Sangaré était de ceux qui, en 1994, avaient claqué la porte du parti de la Ruche pour créer celui du Mouvement pour l’Indépendance, la Renaissance et l’Intégration Africaine (MIRIA), avec, à sa tête, le regretté Mamadou Lamine Traoré.

Après avoir “trimé” durant huit ans (pourrait-on dire), celui qui, à l’époque, était le Secrétaire Général du MIRIA (en l’occurrence, Tiémoko Sangaré) allait croiser le fer avec…

le Président de son parti, Mamadou Lamine Traoré, au sujet de l’unique portefeuille ministériel dévolu au MIRIA en 2002, dans le cadre de l’ACC, juste après l’élection du candidat Amadou Toumani Touré.

Non contents du choix porté sur le défunt Professeur et philoshophe (Mamadou Lamine Traoré), Tiémoko Sangaré et ses partisans claqueront la porte du MIRIA pour débarquer de nouveau à l’ADEMA. D’où l’étiquette de “frères égarés qui retournent au bercail”, que certains militants ADEMA n’avaient pas hésité à leur coller.

Et parmi ces “revenants” au parti des Ruchers, c’est plutôt lui,Tiémoko Sangaré, qui aurait le plus eu la baraka en devenant Secrétaire Général Adjoint du CE-ADEMA, puis ministre de l’Agriculture, avant de s’imposer au poste de 3è Vice-Président du parti de l’Abeille. Et c’est justement à cause de ce statut que Tiémoko Sangaré a été sauvé de l’éviction définitive du gouvernement, ce 9 Avril dernier. Sa versatilité, sa réédition, bref son opportunisme politique auront donc payés !

Une chose est cependant claire : au sein du département de l’Environnement et de l’Assainissement, il aura bien de mal à trouver des marchés où il pourra se taper des commissions faramineuses ! C’est peut-être cela le revers de la médaille pour lui !


Adama S. DIALLO

17 Avril 2009