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Depuis le mois de septembre 2013, le Nord du Mali a de nouveau sombré dans l’insécurité. Une insécurité qui s’est aggravée les 07 et 08 octobre 2013 suite à des tirs d’obus sur la ville de Gao et la destruction d’un pont reliant le Mali au Niger. Des attaques perpétrées 09 jours après l’attentat suicide contre un camp militaire de Tombouctou. Des attaques revendiquées par le MUJAO pour les deux premières citées et AQMI pour la dernière, et qui ne font que prolonger la liste des actes de terreur des groupes terroristes jihadistes au Mali.

A rappeler que de nombreux groupes armés, dont AQMI, MUJAO et Ansar Dine, avaient occupé le septentrion malien pendant 10 mois en 2012 en y commettant de nombreuses exactions au nom de la charia.
Une occupation qui prit fin avec l’intervention des troupes françaises et africaines, la mort de centaines de terroristes et la destruction de leurs bases logistiques.
Toutefois, de nombreux terroristes ont pu trouver refuge dans d’autres pays du Sahel, notamment en Libye, en Algérie et en Mauritanie où ils demeurent actifs.

Parmi ces poches résiduelles de terroristes qui reprennent leur vitalité sur le terrain on signalera le MNLA, le MUJAO, Ansar Dine et AQMI.
Pour l’heure, seuls AQMI et le MUJAO ont revendiqué les derniers attentats terroristes au Mali et ont affirmé leur intention de poursuivre leurs actions dans ce pays et dans les pays membres de la force africaine, la MINUSMA.
En effet, si les capacités de nuisance du groupe AQMI, proche de l’Algérie, auraient fortement diminué, le MUJAO et les éléments de son chef Mokhtar Belmokhtar représentent par contre une réelle menace pour la région.
Le dernier message d’Abou Walid Sahraoui, porte-parole du MUJAO de Mokhtar Belmokhtar, connu pour sa proximité avec les services algériens, est, à ce titre éloquent : «Au nom de tous les moujahidines, nous revendiquons les attaques contre les mécréants à Gao, et l’attaque contre le pont qui doit servir à transporter en terre d’islam les ennemis de l’islam. Les attaques contre les ennemis de l’islam vont continuer, ajoute-t-il. Nous n’avons rien contre les civils. Notre ennemi est la France qui travaille avec l’armée du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Guinée, du Togo, contre les musulmans. Tous ces pays sont nos ennemis et nous allons les traiter comme des ennemis.»

Toutefois, certaines parties algériennes ne seraient pas les seules à s’activer dans la déstabilisation du Mali. Une autre partie est également partie prenante dans ce scénario. Il s’agit des autorités mauritaniennes.
Des faisceaux d’indices de plus en plus nombreux et probants indiquent que le régime mauritanien aurait convenu avec des activistes du MNLA de Kidal, présents en Mauritanie, de perpétrer des actions de déstabilisation du Nord-Mali.

A noter que le régime du Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a fortement contribué, financièrement et logistiquement, à la rébellion du septentrion malien par l’entremise du MNLA.
Une position mauritanienne qui n’est nullement surprenante quand on sait que le Chef de l’Etat mauritanien a toujours appuyé les revendications indépendantistes visant la création d’un Etat Azawad.
Un appui qui répond parfaitement aux vœux des autorités algériennes et à ceux de son clown qu’est le polisario. D’ailleurs, les éléments du polisario constituent l’essentiel des troupes des groupes terroristes qui circulent librement en Algérie et dans la zone sahélo-saharienne.
Un appui du Président mauritanien à la partition du Mali qui n’a pas échappé à la rue malienne et à sa classe politique, des partis politiques aux journaux, en passant par la société civile.

N’est-il pas vrai que la Mauritanie héberge des éléments du MNLA qui ont pignon sur rue à Nouakchott, que Mohamed Ould Abdel Aziz aurait mis à contribution les généraux Hadi et Meguette, qui ont fait leurs preuves dans l’art de la répression intérieure et de la déstabilisation extérieure, pour encadrer et contrôler cette rébellion et que Mohamed Ould Abdel Aziz ait reçu entre les deux tours de l’élection présidentielle malienne les principaux responsables militaires de la rébellion touareg ?
C’est pourquoi, la présence de près de 100 000 réfugiés maliens en Mauritanie pose des fortes inquiétudes au nouveau régime malien qui souhaite les voir revenir dans leur pays.
Donc, il semble bien que la reprise des activités terroristes dans le septentrion malien et la revitalisation des groupes terroristes qui sévissent dans la zone sahélo-saharienne semblent bien répondre à un agenda de déstabilisation du Mali et ce, au moment où les nouvelles autorités maliennes entament des négociations de paix avec les rébellions touareg et arabe, portant notamment sur les territoires du Nord où vivent essentiellement ces communautés.

Un agenda de déstabilisation du Mali orchestré, comme il vient d’être démontré, par la Mauritanie et l’Algérie et son pantin du polisario.
Une opération de déstabilisation vouée à l’échec car le Mali a retrouvé son intégrité territoriale et un fonctionnement normal de ses institutions et sait qu’il pourra toujours compter sur le soutien de ses amis africains.
Quant à Mohamed Ould Abdel Aziz, Il apparait désormais sur le plan international comme un singleton.
Au plan intérieur, la situation sociale est explosive et les affres de la pauvreté, du racisme et de l’esclavage deviennent de plus en plus insupportables.

De plus, l’organisation d’élections libres et transparentes semble de plus en plus incertaine.
Une situation qui renferme tous les germes de difficultés futures pour le Président mauritanien à se maintenir à son poste auxquelles il ne pourra compter ni sur son voisin du Nord, qu’est le Maroc avec lequel il entretient des relations exécrables ni sur ceux du Sud dont les ressortissants sont soumis en Mauritanie à des tracasseries et humiliations quotidiennes qui frisent le racisme primaire.

Pour ce qui est de l’Algérie, tout le monde est au courant sa situation intérieure, peu reluisante il est vrai, et il est donc inutile d’en rajouter.

Farid Mnebhi.

Le 10 Octobre 2013

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Kidal, Gao, Tombouctou : les dessous d’une nouvelle flambée de violence

Qu’est qui peut bien expliquer cette nouvelle montée de tension dans les trois régions du nord du Mali. Explication.

Nul ne sait quand prendront fin les agissements des islamistes dans les trois régions du nord devenues repères des terroristes. Au moment où s’annoncent des négociations, la violence a repris le dessus dans la zone, montrant que les groupes terroristes sont encore bien capables de frapper fort et demeurent maîtres des lieux, malgré le démantèlement de leurs bases.

En attendant que les services de renseignement fouillent jusqu’au fond des tentes nomades, nous sommes en face des limites de l’opération Serval et de toutes ces forces armées présentes au nord. Personne n’a rien vu venir des attaques à l’arme lourde la semaine dernière, suivies de fusillades, et du sabotage d’un pont en début de cette semaine.

Rien ne montre qu’il s’agit d’actes coordonnés comme à l’époque où les groupes armés ont décidé de lancer l’offensive sur la localité de Konna en janvier dernier. Pourtant, les attaques récentes menées par le MUJAO et AQMI se sont perpétrées dans la foulée des attaques par Ançar Dine à Kidal contre l’armée nationale.

Si les groupes terroristes sont capables de commettre des attaques dans les trois régions du nord pour les revendiquer ensuite, c’est qu’ils peuvent planifier leurs actes sans difficulté. Mais ce n’est pas un hasard de calendrier si ces évènements surviennent maintenant.

Les islamistes savent que les négociations qui s’ouvriront bientôt entre les autorités maliennes et les groupes armés du nord laisseront peu de places à leurs aspirations religieuses. Le but des derniers actes de violence au nord est de montrer que c’est au nom du jihad que le Mali a été bouleversée et que cette cause doit être incontournable dans les négociations.

Mais le rêve d’un Azawad autonome du Mali s’éloigne, et ce n’est également pas un hasard si Libération et RFI ont parlé cette semaine d’un fameux document définissant la stratégie des jihadistes au nord du Mali. Tout le monde savait que des islamistes se cachaient derrière la cause du MNLA, mais le lobby touareg de l’Hexagone voulait apparemment une autre version de l’histoire du Mali.

Entre la DGSE, le cyber mouvement du MNLA et les islamistes, on ne sait pas qui a manipulé qui depuis 2011 où des jeunes du nord ont commencé à s’agiter contre le pouvoir central de leur pays. A l’époque, la France «sarkozienne» avaient intérêt à trouver des alternatives aux forces maliennes pour combattre AQMI qui raffolait d’otages français.

Une des conséquences de ce jeu de dupes est que des milliers de combattants jihadistes se sont repliés à Kidal et y demeurent armés. Ils comptent sur la France pour délivrer l’Azawad de leurs désirs afin de pouvoir introduire des reformes islamiques en douce.

Mais la reprise de la violence par les islamistes souligne que la voie des négociations imposée au Mali n’est que trop incertaine. Les groupes armés invités à négocier avec les autorités maliennes savent que leur souhait de créer une entité politique s’inspirant des lois islamiques est compromis parce que Paris est en passe de soutenir Bamako dans son refus de toute idée d’autonomie.

C’est d’ailleurs après les déclarations du président IBK contre l’autonomie que la situation sécuritaire a commencé à se détériorer au nord. Mais en France, des spécialistes continuent de soutenir que les autorités maliennes doivent faire des découpages administratifs au nord pour résoudre la question touarègue.

Sauf qu’il n’y a pas que des Touareg au nord où la majorité silencieuse souffre des caprices des irrédentistes. L’ignorance de cette réalité continue de peser sur la médiation menée par la communauté internationale. On se souvient que l’expression Azawad a été subtilement utilisée dans les textes officiels en dépit de la résistance des négociateurs maliens à Ouaga.

La résurgence de la violence au nord a des conséquences sur les populations locales déjà fatiguées des coups de fusil. Celles qui sont restées souffrent actuellement d’une crise alimentaire aigue en plus des difficultés liées à l’absence d’eau et d’électricité.

Une autre conséquence du retour des jihadistes est le risque du ralentissement du retour des déplacés dans leurs localités d’origine. Nombreux sont encore les habitants des régions nord qui vivent dans les camps de réfugiés situés dans les pays voisins comme le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie.

Soumaila T. Diarra

L’Aube du 10 Octobre 2013