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Le héros du 26 Mars 1991 est devenu par la force des choses, surtout de la crise sociale qui secoue le monde entier et particulièrement notre pays, un ennemi d’une certaine classe politique. Le libérateur du peuple des affres du général Moussa TRAORE n’est pourtant pas un « fini » politiquement parlant. C’est un officier de l’armée sorti des grandes écoles militaires de Russie, de Chine et de France. Rentré au Mali, il a dirigé des bataillons de l’armée malienne. Issu d’une corporation disciplinée, bien structurée qu’est l’armée, le Général Amadou Toumani Touré bénéficiera toujours d’un soutien de ses frères d’armes.

Sur le plan international sa renommée reste intacte car il est le premier soldat à avoir passé une transition de quatorze (14) mois et remis le pouvoir au premier président démocratiquement élu Alpha Oumar Konaré en juin 1992.

Ce qui a fait d’Amadou Toumani Touré l’Africain le plus populaire, après Nelson Mandela. Et du coup, tous les putschistes du continent viennent s’imprégner de l’expérience malienne. Hormis ses grades militaires, le héros du 26 Mars est bardé de médailles honorifiques.

Cependant comme toute créature Amadou Toumani Touré a un grand défaut : c’est un être sensible qui se laisse gagner par l’affection qu’on lui témoigne ou toucher par la souffrance des autres.

C’est pourquoi la rumeur publique lui colle l’étiquette de « l’ami de tout le monde ». Or il se trouve que notre pays connaît de sérieux problèmes en matière de la lutte contre la délinquance financière dont il faut punir les sangsues.

ATT homme d’Etat doit avoir des aptitudes particulières pour gérer les grandes affaires de l’Etat, diriger le gouvernement. Un homme d’Etat agit sans état d’âme. L’Etat est la personnification juridique des éléments de la nation, réalisée en vue de la création du régime civil.

Malheureusement, le citoyen Malien est aujourd’hui victime du cœur sensible qui veut embrasser tous à la fois, sans se faire d’ennemis.

C’est pourquoi les slogans «kokadjè», «si tu bouffes, tu paies», «lutte contre la corruption» n’ont été que des slogans creux, mais plutôt rassembleur dans un pays ou tous les cadres, civils et officiers se côtoient, se connaissent et ne se dénoncent jamais.

La corruption, l’enrichissement illicite, le détournement de derniers publics sont devenus un système de gouvernance. Dans ces conditions au regard des rapports d’investigations de la Banque Mondiale de la CASCA, du Contrôle Général d’Etat et du vérificateur c’est la quasi-totalité des cadres, intellectuels, hommes politiques militaires qui sont épinglés.

Ni les cris de détresse, ni les marches et autres meetings, les conférences-débats ne changeront la donne. Amadou Toumani TOURE maîtrisera la situation tant qu’il aura le soutien de son armée. Alors marcheurs à vos marques !

Amy Sanogo

21 avril 2008.