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tomb.jpgOù chercher ? A qui s’adresser ? Depuis jeudi que le corps a disparu de la morgue, elle se pose des questions. Sorcellerie ? Simple confusion de corps, ou alors, acte crapuleux d’un réseau ?

Comme le raconte Me Jules Kana, neveu de la défunte, et par ailleurs avocat de la famille, Mme Bell est décédée le 19 mai dernier des suites d’une longue maladie après trois semaines passées à l’Hôpital général de Yaoundé. Tout de suite, les mesures ont été prises par le chef de famille Louis Mathias Bell et son frère Oscar Mathias Bell pour mettre le corps de leur mère à la morgue de l’hôpital où elle a séjourné pendant sa maladie. C’est Henri Mveme,  » morguier « , qui a réceptionné le corps. Il était chargé de le traiter et le conserver en bon état jusqu’à la mise en bière.  » Nous sommes venus 48 h après le décès pour une reconnaissance de corps en compagnie de M. Mveme, et le corps y était toujours. « , explique Me Kana.

Mais le jour de la mise en bière jeudi matin, quand la famille se rend à la morgue pour déposer les vêtements, on lui demande de revenir deux heures plus tard, pour reconnaître le corps. L’heure de la mise en bière prévue à 15 h approche et personne n’a encore pu voir à quoi ressemble la dépouille. C’est vers 13 h que le chef de famille reçoit un coup de fil de Henri Mveme, le morguier qui dit ne pas reconnaître le corps.

Paniqués les membres de la famille se rendent à la morgue pour faire le triste constat. La dépouille de la maman est introuvable. Le  » morguier  » leur présentera trois corps qui ne correspondent malheureusement pas à celui de leur mère. Après avoir vu plusieurs cadavres, les membres de la famille saisissent le responsable de la morgue le Dr Georges Conron et les responsables de l’hôpital.

Après les différentes levées de corps qui se sont achevées vers 17 h 30mn, le responsable a fait vider la morgue de tous ses corps afin de retrouver Mme Bell, sans succès.

Henri Mveme est arrêté et détenu à la brigade de gendarmerie de Ngousso. Après plusieurs interrogatoires, Mveme semble avoir fait quelques déclarations. D’après Me Kana :  » sans être cohérent et précis dans ses aveux, Henri Mvemé avoue que certains organes ont été prélevés du corps mais qu’il ne sait par qui. Ni même où se trouve le reste de la dépouille  » explique l’avocat de la famille.

L’enquête suit son cours, mais déjà au niveau de la gendarmerie, on soupçonne un acte d’un réseau de trafic d’organes. Affaire à suivre !

FDA

6 juin 2007