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Pendant que le ministre de la Communication annonçait jeudi à l’Assemblée nationale l’introduction de trois nouvelles langues nationales (minianka, khassonké et malinké) dans la grille des programmes de l’ORTM à partir de février 2007, le ministre de la Culture a opposé une fin de non recevoir à la requête d’un député sur l’affectation du budget de festivals à la lutte contre la piraterie.

Le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo, et son collègue de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, étaient jeudi devant les élus de la nation pour répondre aux questions orales de l’honorable Yacouba Y. Bagayogo.

L’honorable Bagayoko voulait savoir les raisons qui font que la langue minianka, une des treize langues nationales au Mali, n’était pas parlée sur les antennes de la télévision et de la radio nationales alors que ce médium est utilisé par plus de 2 millions d’habitants installés dans des zones à grandes potentialités agropastorales.

D’entrer de jeu M. Drabo a reconnu cette remarque pertinente du député. « La langue nationale est un élément essentiel d’identité, de la culture d’un peuple », dira le ministre, qui a expliqué à son interlocuteur que pour des raisons techniques la radio et la télévision nationales ne parvenaient pas à insérer cette langue dans la grille de ses programmes.

Outre le minianka, le khassonké et le malinké sont d’autres langues nationales qui n’étaient pas prises en compte dans les bulletins d’information des médias nationaux. Selon le ministre, si le minianka n’est pas parlé dans les bulletins de l’ORTM, elle est par contre entièrement prise en compte par les programmes des stations régionales.

Gaoussou Drabo a rassuré l’honorable Bagayogo en annonçant l’introduction dans la grille, dès février 2007, des trois langues. Les speakers ont été recrutés et subissent en ce moment une formation afin de leur permettre de bien s’acquitter de leur mission.

Les nerfs à fleur de peau

Si le dialogue entre le ministre de la Communication et le député Bagayogo s’est déroulé dans une atmosphère de compréhension mutuelle, celui qui a suivi entre le même député et le ministre de la Culture ressemblait plus à un dialogue de sourds et emprunt d’une certaine nervosité de part et d’autre.

Les questions orales au ministre Cheick Oumar Sissoko étaient de savoir quels sont les efforts qu’il a consentis pour lutter contre la piraterie et s’il n’était pas plus judicieux d’affecter les budgets destinés à l’organisation de festivals à la lutte contre la piraterie.

Le ministre Cheik Oumar Sissoko, qui était à sa troisième sortie devant les députés sur le même sujet, a trouvé certains des propos de l’honorable élu à Koutiala désobligeants. Dans ses éléments de réponses, il a affirmé que son département était limité dans la lutte contre la piraterie à cause de son impossibilité à faire pression sur le judiciaire.

A en croire le ministre, dans la croisade contre la piraterie 50 procès ont été intentés, 17 condamnations ont été prononcées et une affaire a été classée sans suite. Selon le ministre Sissoko, la qualification de la peine n’est pas conforme à la procédure, c’est pourquoi une relecture de la loi sur la piraterie est souhaitée.

Depuis juin 2005 plus de 300 000 cassettes piratées ont été saisies, a indiqué le ministre. Le ministre Sissoko ne partage pas l’avis du député sur la réorientation des budgets destinés à l’organisation des festivals vers la lutte contre la corruption. Cheick Oumar Sissoko, qui a estimé que ces festivals contribuent à la sauvegarde de la paix et au développement, a affirmé qu’ils sont financés par la plupart par l’extérieur.

Denis Koné

1er décembre 2006.