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Vols à main armée, braquages, viols, meurtres, etc, l’insécurité a atteint ces dernières un point culminant au Mali. Et «vouloir nier l’évidence relève d’une faute politique», consent le ministre de l’intérieur et de la sécurité, le général Sada Samaké. Mais à quand la fin du cauchemar ?

jpg_une-2874.jpgEssoufflées par la situation sécuritaire du nord du pays, les institutions de la République s’efforcent à donner une image d’état normale au contexte politique actuel du pays. C’est ainsi que pour une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le 12 juin 2014, les députés ont décidé d’interpeller le gouvernement avec à sa tête le premier ministre, Moussa Mara, sur le problème d’insécurité. Les élus de la nations se disent offusquer par de nombreux cas de vols et d’agressions physique contre les citoyens dans leurs domiciles, leurs lieux de travail, de jours comme de nuit.

On a beau essayé d’ignorer le cas du nord et de la situation particulière du nord, elle s’invite dans les débats. Ici, le problème se pose avec acuité depuis 2012 avec le repli des forces de l’ordre vers le sud. Cet acharnement sur les populations du nord s’expliquerait, selon l’honorable Mohamed Ould Mataly, élu à Bourem , par le rejet massif des idéaux des occupants. Dans la perspective d’un accord politique avec ces groupes armés, l’élu RPM (majorité) conseille au gouvernement d’éviter que ceux-ci soient cantonnés dans les centres urbains.

Depuis des mois les braques, les vols et autres crimes sont quasi quotidien. Les exemples n’ont pas manqué d’être souligné par les députés, de l’opposition comme de la majorité présidentielle. Le 13 avril 2014, le régisseur de la commune rurale de Dalla a été froidement abattu à son domicile. Dans la même commune, un chef de village et un conseiller communale ont été victimes de tirs, le 30 mai, mais s’en sont sorti avec des blessures.

Le lendemain, c’est à dire le 31 mai, deux individus à bord d’une moto essuie des tirs. L’un deux touché sera ensuite achevé par les assaillants. Le 5 juin, quatre véhicules en partance pour une foire hebdomadaire ont été attaqués entre Wouro et Alfa et Kanioumé avant que les passagers de soient dépouillés de leur biens. Le même jour, entre Boré et N’gouma, les occupants de cinq véhicules ont été dépossédés de leurs biens. Les agresseurs auraient aussi violées des femmes et l’une d’elles a succombé le 11 mai. Il y a tout juste deux jours (le 10 juin), des cultivateurs ont été attaqués et dépouillés de bien dont une moto dans la commune de Diaptodji.

Tous ces faits relayé par l’honorable Amadou Maïga (opposition) et qui se sont déroulés dans le cercle de Douentza (région de Mopti) est illustratif de l’ampleur du phénomène se répande de plus en plus. «Les maliens sont vraiment fatigués de ce problème d’insécurité», s’est indigné l’honorable Haïdara Aïchata Cissé. Indignation à laquelle souscrit le ministre Sada Samaké. «Il est inadmissible que les paisibles populations soient [toujours] attaqués», a-t-il souligné.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 12 Juin 2014