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Féru de mode et ayant nourri une ambition de faire carrière dans le mannequinat, Akim Soul est le promoteur de Mali Mode, association qui regroupe tous les acteurs du milieu du glamour, du style et de la beauté. Ce meilleur ami des « fashionistas », et fin organisateur de défilés, est notre invité du mois.

1- Présentation,

Je m’appelle Ibrahim Guindo et communément appelé Akim Soul, une combinaison du surnom de mon grand-père dont je suis l’homonyme et du prénom de mon père Souleymane. Je suis organisateur d’événements de mode et fondateur de l’association pour le développement de la mode au Mali, qu’est Mali Mode.

2- A quand remonte la création de Mali Mode et combien de membres compte-elle en son sein ?

Mali Mode a été créée en novembre 2011 et nous sommes une trentaine de membres actifs qui sont essentiellement les membres premiums, à savoir les acteurs de la mode : les mannequins, les stylistes et organisateurs de mode. Parmi les membres, il y a Mimi Pedro, dépositaire de la marque Fanny Lolo, une créatrice indienne Fara Fashion, Maria Bocoum et beaucoup de jeunes talents qui peinent à émerger.

3- D’où vient l’initiative de créer Mali Mode ?

jpg_akim-soul.jpgJ’ai toujours rêvé de devenir mannequin, mais après une série de castings, je me suis rendu compte que les activités qui permettaient aux mannequins et stylistes d’exprimer leurs talents, étaient quasi-inexistantes dans le milieu de la mode. Donc, décidé à intégrer le milieu, je suis allé à la rencontre de ses acteurs pour voir comment cela se passait et je n’ai pu que constater le manque de structure susceptible de fédérer toutes les forces existantes pour en faire quelque chose de productif. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de créer Mali Mode.

4- Est-ce que Mali Mode a déjà participé à un Fashion Week sous-régional ou international ?

Vous savez, l’association « Mali Mode » et les autres organisateurs de Fashion Week ont a peu près les mêmes objectifs donc il est un peu difficile de se faire inviter en tant qu’organisateur sur les salons et manifestations de mode. Et puis nous, nous privilégions davantage la participation des créateurs et mannequins car c’est cela notre mission : promouvoir et valoriser les talents de la mode malienne au-delà de nos frontières.

5-Est-ce que Mali Mode organise des défilés ?

Oui. Mali Mode essaie d’organiser le plus de shows possible pour offrir une occasion aux acteurs de la mode de s’exprimer et de montrer leur savoir-faire. Parallèlement, l’association assure aussi la coordination des défilés de mode pour d’autres manifestations comme Daoulaba, Afrofashion Show, An Be Yan, Festival International de Sélingue.


6- Sur une échelle de 10 à 15, combien attribuez-vous à la mode africaine notamment à la mode malienne ? Et pourquoi ?

12,5 pour la mode africaine car bien qu’elle commence à se hisser sur la scène internationale, elle peine tout de même a occuper toute la place qu’elle mérite. Cela est dû en majeur partie au manque de soutien et de suivi par les dirigeants et bailleurs africains. Néanmoins, je garde espoir car nous avons des hommes et des femmes qui se battent pour porter haut la mode africaine. Et heureusement !

7- Récemment il y a eu un remous dans le milieu de la mode à propos d’une série de photos intitulée « Be my slave » présentant la collection de la créatrice de mode pakistanaise Aamna Aqeel. Quelle a été votre réaction vis-à-vis de cette exposition ?

“Be my slave” a exposé au grand jour ce que beaucoup de gens cherchent toujours à cacher. Je pense que c’est sa façon a elle de provoquer un réveil de conscience chez chacun de nous par rapport à certaines pratiques qui peinent toujours à disparaitre de ce monde. Le côté sombre de la vie qu’on peut voir dans ces photos existe réellement, on peut l’ignorer mais cela reste quand même vrai. Je ne sais pas si c’était pour un coup de pub ou si la créatrice a voulu vraiment lancer le débat sur le travail des enfants au Pakistan, chacun a sa façon de l’interpréter. Personnellement, j’aime bien cette idée de parler ou de s’exprimer différemment et amener le débat autour des sujets qui peuvent fâcher pour essayer de faire en sorte que cela change …

8- Des projets en perspectives?

Oui, nous avons de grands projets pour 2014 à l’instar de la reprise des soirées de mode « MALI MODE FASHION PARTY », la création de MALI MODE STORE… Je ne vais pas tout dévoiler mais ce qui est sûr, c’est que nous prévoyons beaucoup d’activités et d’initiatives toujours dans le but d’offrir des espaces de promotion pour les talents de la mode malienne…


9- Icône de la mode par excellence, Coco Channel a déclaré qu’ « il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. »… Qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je crois que la mode a vu le jour dans la rue avant que l’on ne l’amène sur les podiums ou autres plateaux… Ce serait plus que dommage de la priver de cela aujourd’hui.

10- Votre mot de la fin…

J’ai été heureux que la présidentielle se tienne et j’aimerais émettre un souhait : que ce nouveau quinquennat se déroule sans incidents et dans la cohésion et la paix pour un meilleur développement socio-économique de notre pays. Sans cela, nous mettrons une éternité à émerger.

Ensuite, j’invite les maliens à accorder plus d’importance à la mode et comprendre que c’est là un secteur qui concerne tout le monde car la mode est pour tous. Chacun fait sa mode en façonnant son propre look. Peu importe le milieu dont on est issu ; la mode n’est plus un signe de luxe mais de goût et, de connaissance de soi… Ce qui est carrément à l’opposé de ce que la majorité de nos concitoyens pensent. En somme, la mode véhicule un désir d’être unique en son genre, donc elle est très loin du cliché que l’on lui attife au Mali…

Enfin, je convie également tous les Afrinautes à nous rendre une petite visite sur le site www.mali-mode.com ainsi que sur nos pages Facebook et Twitter en tapant juste « Mali Mode ».

Réalisée par Aissata SANOGO

MLS 08 Novembre 2013

©AFRIBONE