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Ces questions resteront sur les tablettes des journaux tant qu’elles ne seront pas répondues. Elles seront même commentées sur les antennes des radios libres afin de susciter une réaction de votre part.


1.
Des jeunes ont accompli un travail d’enquête pour la DNSI (direction nationale de la statistique et de l’informatique). Depuis lors, ils peinent à se faire payer. On leur dit qu’il n’y a pas d’argent, alors que les fonds ont été versés par le partenaire.

2. On parle de plus en plus du recouvrement des 103 milliards volés à l’Etat. Je devrais dire la grogne monte à ce propos (on se souvient encore de la réponse, un peu trop facile, voire désinvolte que vous avez apportée devant les élus du peuple pendant votre Déclaration de politique générale).

Peut-on savoir la stratégie que vous comptez mettre en place pour récupérer ces fonds ? Ou alors escomptez-vous mettre de votre côté le Temps, juge de tout ? On oubliera et plus tard on recommencera avec d’autres car vous, vous ne serez plus là.

Vous aurez tiré votre épingle du jeu et tant pis pour celui qui aura en charge ce sale dossier comme vous avez en mains présentement celui légué par votre prédécesseur. Mais comment alors être crédible ? Vous dites aux syndicalistes que les caisses de l’Etat sont vides alors que d’autres, impunément, pillent ces mêmes caisses et vous ne dites rien.

Ne pensez-vous pas que les syndicats eux-mêmes seraient vos soutiens si vous entreprenez une telle action d’assainissement ? Et qu’ils mettraient un peu moins d’ardeur à vous pousser dans vos derniers retranchements ?


3.
Votre inamovible ministre des Finances a déclaré à la face des élus (juste à l’arrivée de M. Sarkozy en qualité de ministre) que l’Etat n’a pu entrer en possession de 75 milliards d’aide des partenaires faute d’avoir instruit les dossiers à temps.

Peu après, il va casser la croûte, s’essuyer le front et se vautrer dans son fauteuil, satisfait de lui-même car il se fiche ou ne mesure pas la portée de ce qu’il a dit.

Mais ce qui m’étonne, il est toujours là, et les bailleurs vont venir sous peu, et on va leur jeter de la poudre aux yeux. Quelles solutions ce cher ministre propose-t-il afin que de telles choses ne se reproduisent plus ?

4. Le récent passage des ministres en charge de l’Education devant les élus du peuple m’a laissé un goût amer (pas qu’à moi seul !) Mais surtout du côté de Mme. En effet, elle était visiblement mal à l’aise dans ses réponses et elle est restée entièrement dans le vague.

Elle aurait pu donner l’information qu’il se fait beaucoup de choses en direction des écoles, grâce aux fonds publics et aux subventions des partenaires de l’école. Non, elle prend appui sur son pupitre, comme pour ne pas ployer sous le faix des réponses ou de la gêne, puis elle ne dit rien.

Car, comment expliquer qu’on ne signale pas que des milliards sont consacrés à l’école (livres, classes, autres matériels) et que le mal demeure béant ? Pourquoi n’avoir pas avancé des chiffres aux représentants du peuple, même si ces chiffres ne profitent qu’à deux grands opérateurs,

volontairement choisis par son département, au mépris de toutes les règles du marché que vous voulez davantage organiser ? Comment ne pas donner des informations sur les 50 millions de dollars de la BM, qui sont très certainement distribués et dont l’information est habilement camouflée ? Et les milliards du partenaire canadien ?

Cette proposition d’un député de procéder désormais au contrôle trimestriel des actions du gouvernement témoigne de la volonté des représentants du peuple de ne pas se laisser distraire, de vous apporter un appui, car il est avéré que les habitudes ont la vie dure et que votre équipe seule ne saurait éradiquer tous les maux et débusquer toutes les embûches dissimulées çà et là par d’habiles fossoyeurs de notre économie.

Elle dénote aussi de la volonté de l’Assemblée de jouer pleinement son rôle. Elle veut dire en outre…

Attend-elle un autre audit du Végal, audit qu’on réfutera très probablement, encore une fois ? A quoi lui sert sa Cellule de communication, installée à grands bruits, et à la tête de laquelle se trouve un spécialiste chevronné ? Est-ce pour mieux biaiser la communication, pour emprunter l’expression de Les Echos ?


5.
N’est-il pas temps de faire accompagner le compte rendu des activités de votre gouvernement par des chiffres ?


6.
Enfin quel jugement doit-on porter sur un gouvernement qui déséquilibre son pays pour imprévision, négligence parce que des grèves interviennent trop souvent, et peu après, on éteint le feu, satisfait d’avoir laissé la démocratie fonctionner ?

Quel jugement ou quelle sentence devrait-on prononcer contre un gouvernement qui refuse de sévir contre les grands voleurs et qui emprisonne les délinquants nés de souffrances et d’abandons… ?

7. Ces vendeurs de billets neufs ne vous gênent pas, M. le Premier ministre ? Ces sangsues qui nous vendent notre propre argent ? A un certain moment, on a tenté de les faire disparaître.

Ils se sont « légalement » installés.

Je ne dirai pas beaucoup là-dessus : le jour où les banques, leurs complices, ouvriront leurs guichets et que personne ne se présentera pour y faire une quelconque opération, alors elles comprendront leurs douleurs. Sans clients point de banques.

Alors, messieurs, exigeons de nos banques respectives qu’elles nous paient nos retraits en coupures neuves, chaque fois que nous faisons une opération ou alors nous demanderons à nos ministères respectifs de retourner à l’ancien système de paiement : le billetage. Cet appel s’adresse à tous les clients de toutes les banques. Avez-vous vu cette pratique ailleurs que chez nous ?

J’apprécie hautement « l’Initiative riz », qui résoudrait la « pénuriz » ; seulement qu’il y ait un suivi de toutes les actions afin d’éviter les prédateurs.

Mais à quoi donc servira votre truc sur la corruption ? A encore faire traîner les choses au niveau de la justice ? Pour que l’Etat n’entre jamais en possession de ses sous ? C’est de la diversion !
Allons donc !

Merci, à vous, et excusez-moi pour le ton quelque peu irrévérencieux. J’avais cela dans le ventre. Je devais l’en sortir.

Zantigui Coulibaly

(enseignant à la retraite à Sénou)

02 Juin 2008