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Telle est la question que bon nombre de Maliens se posent depuis la fin des législatives de 2007. Nul doute que le Président Amadou Toumani Touré a préféré donner « tout le temps au temps« , c’est-à-dire attendre que le pays franchisse cette étape pour mettre en place ledit nouveau Gouvernement.

Cette attente a aussi l’avantage de lui permettre d’avoir toutes les cartes en main pour jouer, après la désignation d’un nouveau président à l’Assemblée nationale, en l’occurrence, Dioncounda Traoré de l’Adéma, qui est d’une majorité favorable au Chef de l’Etat.

L’autre interrogation des Maliens est de savoir si les grandes tendances qui se dessinent à l’Hémicycle auront une influence sur le prochain Gouvernement. Ce qui revient à poser naturellement le problème de l’incidence du bureau de l’Assemblée -attendu dans les prochains jours- sur ce Gouvernement.

L’on sait que les composantes de la mouvance présidentielle -Adéma, URD, MPR…- qui ne sont pas à ignorer, réclament, individuellement ou collectivement, une participation proportionnelle à leurs poids politique dans ledit Gouvernement.

Pour un analyste et observateur de la scène politique, cela est de bonne guerre, car le soutien apporté au Chef mérite une récompense. Cet impératif, ATT doit pouvoir le gérer. Quoi qu’il en soit, la convergence de vue à l’Hémicycle, où l’URD et l’Adéma dominent par la taille de leur représentativité, doit- il se traduire par une complicité identique au sein de l’Exécutif? Et comment contenter tout le groupe et satisfaire aussi les demandes des proches? C’est là, une autre équation que le Président ATT doit résoudre.

Face à la délicatesse de sa situation, les analystes politiques, dans leur grande majorité, recommande à ATT de jouer à « l’équilibriste« . Autrement dit, faire représenter dans ce Gouvernement, mais dans des proportions acceptables, la mouvance qui lui est proche, sans toutefois constituer un Gouvernement purement politique. Cette solution est-elle la bonne pour le Président ATT qui veut réussir son second quiquennat?

Un autre observateur de la scène politique tranche la question. Selon lui, nonobstant des querelles qui pourraient jaillir à propos du « partage du gâteau« , une représentation correcte des grandes tendances éviterait le développement des veilleités contestataires de l’action gouvernementale par l’Assem­blée nationale. L’avantage de cette option est que les partis ne seront guère bien placés pour critiquer le travail de leurs propres représentants.
Certains préconisent aussi le retour des ministères délégués qui, dit-on, faciliterait les choses au Chef de l’Etat.

La politique, dit-on, c’est l’art de gouverner par la ruse. Ceux qui auront donc, en récompense, les postes de ministres délégués s’en contenteraient. En tout cas, pour plus d’un, ATT mettra forcément en place une équipe de taille, même si cela aura des conséquences sur le budget de l’Etat. Car un gouvernement de large ouverture pourrait être budgetivore, sauf si, en le faisant, ATT se décide aussi à prendre des mesures d’austérité.

Laya DIARRA

11 septembre 2007.