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Rien ne va plus entre l’imprévisible président des États Unis Donald Trump et le président du Tchad Idriss Deby Itno. En effet la crise a éclaté quand le président américain a décidé de ne plus accorder de visas à certains Pays dont le Tchad. Son argument ces pays soutiendraient le terrorisme international.

Sur le continent c’est l’indignation générale après l’inscription du Tchad sur cette liste. Si dans certains milieux on pense que le président Donaltd Trump se trompe de cible. Au sein de l’opinion publique africaine c’est la stupéfaction générale car le Tchad a été ces dernières années le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Ses unités combattantes sont en première ligne au Mali dans la zone du lac Tchad. Si les élections ont pu avoir lieu dans le nord est du Nigeria c’est bien grâce à l’Armée Nationale Tchadienne (ANT).

Depuis la crise libyenne conséquence de l’opération harmattan pour éliminer le guide de la grande jamahiriya arabe libyenne socialiste et populaire le Tchad est devenu le principal rempart dans la lutte contre AQMI et l’EI. Son aviation intervient régulièrement en Libye pour bombarder les positions de l’Organisation de l’État Islamique pour le plus grand bonheur du Marechal Kalifa Haftar.

Ce sacrifice du Tchad n’est pas sans conséquence sur son économie. Depuis la réélection du président Deby l’année dernière il est sous le feu des critiques des leaders de l’opposition et de la société civile qui l’accuse d’occulter les problèmes intérieurs du Tchad au profit de ses coûteuses interventions dans les pays voisins. Récemment le Ministre Tchadien de l’économie Tiraina Yambaye a tiré sur la sonnette d’alarme. D’ailleurs une table ronde avec les bailleurs de fond a été organisée récemment. Toute chose qui prouve que le tableau économique du Tchad est peu reluisant.

Sur le front diplomatique les récentes sorties fracassantes du président Idriss Deby suite à la visite du président du G5 Sahel El Hadj Ibrahim Boubacar Keita dans son pays ne vont pas plaider en faveur de la force multinationale. L’homme fort de Ndjamena a ouvertement attribué la crise sécuritaire au Sahel à l’assassinat du Colonel Kadhafi dont la conséquence immédiate a été la dissémination des arsenaux libyens dans la bande sahélo saharienne. Preuve que le Tchad ne soutient pas le terrorisme international, il a fermé la représentation diplomatique de Doha. Même si des spécialistes des relations internationales pensent que c’est pour pouvoir bénéficier des largesses de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes unis et du Koweït.

Ces pays pourtant longtemps proche de leur voisin qatari l’accuse d’être le parrain du terrorisme international. Il y a pas de fumée sans larve, d’ailleurs lorsque les djihadistes ont envahi le nord du Mali le Qatar a été cité comme étant leur soutien. Des habitants de la zone de Tessalit ont même affirmé que des avions cargos en provenance du Qatar se posaient nuitamment sur l’aérodrome de Tessalit et les cargaisons d’armes envoyées au camp de Hamachache. Après tant de sacrifices consentis dans la lutte contre le terrorisme si Trump accuse ce pays avant-garde de la lutte contre le terrorisme en Afrique subsaharien de soutenir le terrorisme c’est vraiment absurde.

Cette accusation de Trump a inquiété les autres pays du G5 Sahel au point que le président malien qui préside cette alliance militaire a interpellé le président Trump. Mais bon il y a lieu de rester optimiste car le locataire de la maison blanche peut changer d’avis en fonction des ses humeurs.

Badou S. Koba

Du 05 Octobre 2017