Partager

Le monde évolue, les nouvelles technologies changent de plus en plus, elles sont devenues performantes et ont rendu le monde meilleur. Jadis, les femmes utilisaient les mortiers pour moudre les grains de mil ou de maïs. Les mutations sociales ont fait que les mortiers ont été remplacés par les moulins. Mais force est de reconnaître que ce secteur rencontre des difficultés. Bourama Coulibaly est meunier depuis 20 ans dans l’ACI 2000. Interview.

– Comment avez-vous appris ce métier ?

BC: J’aimais ce métier depuis le bas-âge. Je l’ai aussitôt appris dès que j’ai eu l’opportunité. J’ai fait des formations auprès des ainés. Peu après, j’ai ouvert mon magasin. J’ai commencé ce métier depuis que les moulins marchaient avec le gasoil, le litre était estimé en ce moment à 200 F CFA. A l’avènement de l’électricité, je me suis dit qu’il faut échanger le gasoil contre l’électricité car, elle est moins fatigante, et c’est plus efficace.

– Quels sont les avantages et inconvénients de l’utilisation des moulins pour la population ?

BC: Vous verrez que l’avènement des moulins a soulagé un peu la souffrance des femmes dans villages et dans les villes. Les femmes n’utilisent presque plus les mortiers car, ils sont lents en matière de production. De même que les machines ont également des inconvénients. Les docteurs nous informent qu’à force d’utiliser les moulins, l’être humain peut être confronté à plusieurs maladies corporelles qui peuvent jusqu’à lui coûter la vie. C’est pourquoi vous verrez que même dans certaines familles, même dans les grandes villes, elles utilisent toujours les mortiers afin de se mettre à l’abri.

– De nos jours, ce métier nourrit-il son homme ?

BC : Je ne saurais me plaindre, car j’ai tiré plus de bénéfices de ce métier. Je n’avais pas de moto, je me suis acheté une pour mes déplacements et deux autres pour certains membres de ma famille. Vu que j’évolue dans le milieu depuis fort longtemps, j’ai acheté un terrain même si je ne l’ai pas encore construit.

– Quand est-il de vos difficultés ?

BC: Sur 100 gérants de moulins, vous constaterez que seulement 10 arrivent à jouir pleinement de leur revenu. Les autres sont dans la merde. Moi, pour entretenir très bien mes machines, je manque de moyens. La facture de l’électricité coûte très chère, je dépense chaque mois près ou plus de 50.000 F CFA. Ce que je gagne, se résume seulement à la dépense familiale, raison pour laquelle je n’arrive pas à construire mon terrain. En outre, il y a un manque de solidarité entre nous les meuniers. Les tarifs ne sont pas pareils, si l’autre fixe le prix de la boîte à mesure de ses produits à broyer à 50 F CFA, l’autre le fixe à 25 F CFA. Vous voyez l’état de ce magasin dans lequel je suis, il y a des années et des années je rêve de le reconstruire, mais le revenu est très bas. En fin, l’avènement des supermarchés a impacté ce secteur. On retrouve tout en poudre maintenant dans ces lieux notamment maïs en poudre, le mil en poudre, même les condiments en poudre. Ce qui fait que nous ne gagnons plus assez. De nos jours, nous vivons péniblement dans ce milieu.

Adama Sanogo

@Afribone