Partager


Cultur’elles dans le cadre des contours de la 7e édition des Rencontres africaines de la photographie dénommées « Nouvelles images, nouveaux supports », qui se tient aux quartiers d’Orange à Quinzambougou, a rendu mardi un hommage mérité à celui que l’on considère comme l’icône de la photographie malienne, Malick Sidibé. Qui est donc Malick Sidibé ?

Malick Sidibé, est le premier photographe africain à recevoir, en 2003, le Prix international de la photographie décerné par la Fondation Hasselblad. Ce prix a déjà consacré les plus grands photographes de la planète comme Richard Avedon, Jeff Wall ou encore Cindy Sherman, récompense une carrière de près de 50 ans.

Intelligent, Malick fréquente à partir de 1952 l’Ecole des artisans soudanais à Bamako où il obtient le diplôme d’artisan-bijoutier. A la recherche d’un dessinateur, il entre au service de Gérard Guillat, surnommé « Gégé la Pellicule ». Ainsi démarre sa carrière de photographe. Ses premières photos datent de 1955-1956. En 1958, il crée son propre studio, « le Studio Malick », toujours en activité mais peu fréquenté.

Plus qu’un photographe de studio, il est le reporter et le portraitiste de la population africaine et plus particulièrement des jeunes Bamakois à travers des clichés en noir et blanc pleins de gaieté et d’authenticité. Alors que Gérard Guillet se consacre à la société européenne et mondaine, Malick Sidibé est de toutes les cérémonies (baptêmes, mariages, célébrations de réussite aux examens et de tous les bals populaires) où la jeunesse malienne se laisse aller à sa joie et à son insouciance. Une insouciance que le photographe regrette aujourd’hui.

Reconnaissance tardive

En 1994, il est découvert aux premières Rencontres de la photographie africaine à Bamako. C’est le début d’une carrière internationale. Ses œuvres sont visibles dans les plus prestigieuses salles d’exposition du monde telles la Fondation Cartier à Paris, le Musée Guggenheim à New York et en ce moment à la National Portrait Gallery de Londres.

C’est dans les années 1990 qu’on a vu la photographie réalisée par les Africains trouver un intérêt sur la scène internationale. C’est en effet avec les mises à jour des archives de Seydou Kéita (paix à son âme) et de Malick Sidibé que la photographie dite « africaine » se retrouve sur la scène internationale.

Considéré comme le premier photographe africain à faire son entrée dans la collection photo poche, Malick Sidibé et son aîné Seydou Kéita ont porté haut le flambeau de la photo malienne.

Avec feu Seydou Kéita, qu’il a peu connu mais admiré, Malick Sidibé est l’une des figures emblématiques de la photographie malienne. Il est depuis 2002 chevalier des arts et lettres de l’Ordre du mérite français.

Agé aujourd’hui de 71 ans, l’icône de la photo malienne est aussi lauréat du « prix international de l’image fixe » qui lui a été décerné en 2005 par la Fondation suédoise. Le « Lion d’or » lui a été attribué, le 10 juin 2007, à la 52e Biennale d’art contemporain de Venise, lequel prix a été décerné pour la première fois à un africain.

Ce trophée est destiné à couronner l’ensemble de sa carrière. Dans sa famille à Bagadadji, il s’adonne de temps à autre à la réparation d’appareils photos.


Amadou Sidibé


La Fondation Jean-Paul Blachère décerne des prix

La Fondation Jean-Paul Blachère de France a récompensé dimanche à Bamako un certain nombre de photographes pour la qualité de leur travail. Il s’agit d’Adama Fomba.

Ce jeune photographe, natif de Sikasso, a reçu le prix de l’image de cette Fondation. Son prix a été remis par Malick Sidibé, le doyen des photographes.

Le directeur artistique de la Fondation, Pierre Jackot a salué la qualité exceptionnelle des photos d’Adama Bamba qui prend part à l’exposition internationale.

Quatre autres photographes ont été primés. Il s’agit de Sami Baloji et Ghislain El Magambo Gulda (RDC), Jodi Miller (Afrique du Sud) et Tsvangirayi Mukwahzi (Zimbabwe).


A. S.

28 novembre 2007.