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web-35.jpgSelon ses observations consignées dans un mémoire de fin de cycle, le statut des personnes du troisième âge a connu des dégradations, lesquelles sont inhérentes aux mutations sociales en cours dans nos sociétés.

Le supplément de temps gagné par l’espérance de vie peut s’avérer un calvaire pour bien de nos aînés. Selon Patricia Zaïda, « la vieillesse suscite des sentiments ambivalents et peut renvoyer à la peur et à la méfiance« . Un constat qu’elle tire de son étude effectuée sur la prise en charge à domicile des personnes âgées dans deux communes rurale et urbaine : Bingo et Ouagadougou. Il s’agit en fait, d’un mémoire de fin de cycle, soutenu avec succès en fin août à l’Ecole des cadres supérieurs en travail social. A quelques jours de la Journée mondiale des personnes âgées, commémorée au Burkina le 1er octobre de chaque année, ce document est d’un grand apport dans la réflexion engagée pour assurer des jours heureux aux personnes du troisième âge.

Avec un parchemin d’administrateur des affaires sociales en main, Mme Zaïda a, en plus, capitalisé une expertise et une sensibilité vis-à-vis des questions du troisième âge. En effet, plus d’une soixantaine de « papys » et de « mamies » ont fait l’objet de son enquête qui a ciblé la tranche d’âge de 60 à 65 ans. Ce sont des hommes et femmes retraités de l’administration publique et privée, des acteurs agricoles et informels qui ont été approchés. Selon les résultats de l’enquête, une proportion de 90 % des personnes enquêtées en milieu urbain ont un revenu de moins de 15 000 francs CFA par trimestre. Imaginons que cette somme représente le coût d’un sac de 50 kg de riz ou de 100 kg de sorgho ou de maïs. 50 % de ces personnes se disent malades et 25 % handicapées.

Déconsidérées au sein de la famille

En milieu rural, 47,37 % des enquêtés ont des enfants vivant ailleurs contre 54,55 % en milieu urbain.

27,27 % de la population concernée par l’étude voient les enfants annuellement, en milieu rural contre 21,43 % en milieu urbain.

Pour les prises de décision, 36,36 % des personnes intéressées disent ne jamais faire l’objet de consultation par la famille, pour le milieu rural. Dans la zone urbaine, elles sont de l’ordre de 23,81 %.

Autre observation, 16,67 % des personnes âgées, en milieu urbain, sont aidées par les voisins, 9,52 %, par un service d’aide (employé de maison), 19,05 %, par d’autres personnes de bonne volonté.

Chose qui ne répond pas aux aspirations des « papys » et « mamies » interrogés, puisqu’à 59,09 % en zone rurale et à 42,85 % en milieu urbain, ceux-ci souhaitent être pris en charge par leurs enfants.

Voilà des résultats qui, pour Mme Zaïda, déclinent les problèmes des personnes âgées en termes de : absence prolongée des enfants, précarité des conditions de vie, insécurité, perte de la considération sociale et familiale, etc. Il se trouve qu’en cas de défaillance de la famille, l’Etat et les structures associatives offrent de faibles possibilités de relais. Les données montrent que très peu d’associations interviennent pour aider les personnes âgées dépendantes ou isolées.

L’ensemble des structures mène des activités en faveur des personnes âgées encore capables de se déplacer ou de se faire accompagner. « Certaines se sont engagées dans des actions de prévention des maladies de la vieillesse et des actions d’aide aux plus défavorisées…« , a indiqué M. Zaïda. Il y a donc nécessité de réagir, d’aider les structures familiales en instaurant un système d’assistance à domicile, grâce à une collaboration multisectorielle et pluridisciplinaire, préconise l’auteur de l’étude. Nombre de recommandations ont été faites afin de juguler, de réduire les facteurs de vulnérabilisation auxquels sont exposées les vieilles personnes.

Hortense ZIDA | Sidwaya

24 septembre 2007