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En réagissant avec promptitude et fermeté au coup d’Etat survenu au Mali, la CEDEAO s’était fait la défenderesse intrépide des valeurs démocratiques dans son espace communautaire. En dépit des lacunes de l’accord arraché à la junte, elle a pu tout de même imposer son autorité. C’est cependant tout le contraire qui semble se dérouler en Guinée Bissau, un autre pays du champ, victime des turpitudes de son armée. Une comparaison rapide montre que l’émotion et le déchaînement qui ont suivi le putsch au Mali, ne sont pas de mise pour la Guinée Bissau. Les faits se sont en effet enchaînés pour créer un effet d’étouffement des locataires du camp de Kati : sommet d’urgence des chefs d’Etat, réunion des chefs d’état-major, sanctions diverses (suspension de la CEDEAO, embargo, etc.). Pour la Guinée Bissau, rien de tout cela. Un fatalisme s’est-il emparé de la CEDEAO face à un pays ayant une sulfureuse réputation de narco-Etat ? Est-ce la tradition putschiste des militaires qui refrène les ardeurs de l’institution ouest-africaine ? Ou alors la collusion entre militaires et certains hommes politiques l’a-t-elle contrainte à la prudence ? On n’osera pas imaginer que la mollesse du président en exercice de la CEDEAO et du président de la Commission, tous deux francophones, est liée à l’appartenance de la Guinée Bissau à la sphère linguistique lusophone. Le Pays