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Le rap est un genre de musique qui passionne plus la nouvelle génération. Elle s’adonne à cette musique pour diverses raisons : devenir star sur les réseaux sociaux et exploser ses différents comptes d’abonnés, faire une carrière musicale et voyager à travers les quatre coins du monde, véhiculer les messages de sensibilisation à l’endroit de la société, bref la liste est non exhaustive. Le rap n’est pas mal en soi, s’affranchir à travers un art non plus, mais le regret est que beaucoup de jeunes qui débutent une carrière pendant qu’ils font les études, finissent par jeter l’éponge, une triste réalité que nous vivons. 

Dani Flow est un jeune rappeur vivant dans la commune 4 de Bamako. A travers n’importe quel instrumental, il peut créer divers textes appelés « Flots » dans leur jargon. Au « Grin », dans les rues, dans sa chambre, ou encore dans une salle de classe, le jeune rappeur s’inspire toujours. Malheureusement, il a dû stopper ses études en 11 ème année à cause de son amour pour le rap. « Je sais que mon avenir dans le rap est incertain même si je suis talentueux selon mes fans, car le showbiz malien n’est ni facile, ni rentable. Nous prestons lors des « Balanishow » pour des miettes parce que nous ne sommes pas encore connus. J’ai décidé d’arrêter avec mes études parce que je n’arrivais pas à me concentrer sur les deux. Et j’avoue que je n’étais pas nul, j’étais parmi les 10 premiers mais, le rap est mon choix » ; s’est-il confessé. 

Youssoupha RNS est aussi un jeune rappeur un peu connu, selon lui, c’est juste une fierté mal venue au mauvais moment qui pousse les jeunes à abandonner les bancs au profit du rap. « Nous n’allons pas nous cacher la vérité, quand un petit rappeur commence à encaisser les petites sommes dans ses shows et qu’il se voit accompagner par les jeunes filles, il pense qu’il a tout dans ce monde. Il ne pense plus à son avenir, c’est la raison pour laquelle il abandonne les études » ; a-t-il signalé. 

Pour Papa Daby, un jeune qui a arrêté aussitôt le rap sous la pression de ses parents pense que les jeunes peuvent bel et bien concilier les études avec le rap sans aucun problème pourvu qu’ils soient déterminés. « C’est ici en Afrique que les gens pensent qu’on doit faire du rap une profession. A l’Etranger, vous verrez que les grands rappeurs entreprennent toujours quelque chose dans leur vie en plus du rap. Le rap ne nuit jamais aux études, c’est d’ailleurs un surplus. Il suffit de prendre l’exemple sur Master Soumy, Mylmo N sahel ou encore Ami Yêrêwolo. Voici des artistes qui ont quelque chose dans la tête. Ils peuvent représenter le Mali partout que ça soit le rap ou un autre domaine car, ils sont bien intellectuellement » ; a-t-il martelé. 

De leur côté, les enseignants estiment qu’il faudrait une sensibilisation pousser au préalable surtout dans la famille et à l’école afin que ce phénomène puisse prendre un déclin. « Il faut que les parents expliquent si nécessaire chaque jour que le rap n’est pas mal à pratiquer, mais que les études précèdent. Les enseignants que nous sommes, nous devons veiller sur ces jeunes qui chôment les cours à cause de cette musique. Quand je dis veiller sur eux, c’est-à-dire signaler toujours leurs heures d’absence à l’administration et s’il y a lieu de convoquer ses parents, on le fait. Les jeunes doivent aussi savoir que les études ne nuisent pas au rap, au contraire, elles l’enrichir » ; dixit Mohamed Kalifa Dembélé, enseignant. 

En attendant qu’une solution soit trouvée à ce problème, rap ou pas, les directeurs des écoles invitent les jeunes à se former davantage afin d’espérer une carrière professionnelle stable. Une chose est irrévocable pour eux, un bon rap passe par une bonne étude et formation. 

Adama Sanogo

@Afribone