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Le Mali est, jusque là, connu comme une terre de civilisation où plusieurs ethnies se sont côtoyées pendant plusieurs siècles. Depuis l’indépendance du Mali en 1960, la nomination des personnes aux postes de ministre se faisait sur la base de la compétence ou l’appartenance politique mais jamais ethnique. Le Mali était, pratiquement, le seul pays en Afrique au Sud du Sahara où le problème de régionalisme et d’ethnique n’a jamais occupé le devant de la scène politique. Mais hélas, depuis un certain temps, nous assistons à ces phénomènes qui tendent à mettre en péril l’unité nationale. Après donc les Touaregs, dans le temps, c’est le tour des Sonrhaï de réclamer leur part dans la formation des gouvernements.

Les évènements du 22 mars a précipité la chute des trois régions du nord du Mali, en proie depuis à des exactions commises par des groupes rebelles de velléité indépendantiste et islamiste. Cette situation a, du coup, pesé sur la situation socio-politique. Donc de la crise sécuritaire a découlé une crise politico-institutionnelle. A tous ceux-ci est venu se greffé une crise humanitaire avec des milliers de déplacés vers des zones du sud et des pays limitrophes à la recherche de meilleurs conditions de vie.

Depuis la formation de la première équipe du Docteur Cheick Modibo Diarra, des voix se sont levées pour dénoncer la violation de l’accord cadre, signé entre l’ex-junte et le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest. Après plus de quatre mois de marasme politique, nous revoilà à la cage de départ avec la formation d’un autre gouvernement dit d’union nationale, une exigence de l’Institution sous-régionale et la prétendue communauté internationale.

A peine 48 heures après la mise en place du gouvernement II de Cheick Modibo Diarra, d’autres voix s’élèvent pour marquer leur désaccord. Et la surprise est venue de l’un des responsables du Coren, Malick Ibrahima Maïga.

Celui-ci, a, honteusement, déclaré sur l’une des radios étrangères, que son organisation ne se reconnaisse dans la nouvelle équipe gouvernementale. Pour la simple raison que la population majorité sédentaire (sonrhaï) n’est pas représentée. Selon lui cette équipe ne peut pas relever les défis qui s’imposent à notre pays. Une telle déclaration risque de transporter la crise malienne sur un autre terrain. Avec cette sortie hasardeuse, ce responsable du Coren donne raison aux détracteurs de son association qui disaient que le réveil de son organisation, créée avant l’indépendance du Mali, visait d’autres objectifs.

Malick Ibrahima Maïga, à travers sa déclaration ne semble pas parler au nom du collectif des régions du nord. Il doit savoir que son collectif n’est pas seulement constitué de sonrhaï. Mais, il regroupe toutes les ethnies qui habitent les régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal.

Il doit savoir aussi que si la résolution de crise dépendait de la participation des sonrhaïs au gouvernement, on pouvait bien éviter cette crise. Car, les sonrhaïs ont participé à tous les gouvernements précédents qui sont en partie responsable de l’effondrement du Mali. Mieux, sur les quatre Premiers ministres du président déchu Amadou Toumani Touré, trois étaient des ressortissants du Nord du Mali. Alors, Malick Ibrahima Maïga doit désormais remuer sa langue sept fois avant de parler.

Boubacar PAITAO

L’indépendant du 23 Août 2012