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La journée révolutionnaire parisienne devenue fête nationale, le 14 juillet, est célébrée, chaque année, avec faste et solennité en France aussi bien que dans les ambassades françaises à l’étranger. Le lundi dernier, ce sont plus d’une quarantaine de Chefs d’Etat qui ont pris part à l’impressionnant défilé parisien, sur les Champs- Elysées, aux cotés de Nicolas Sarkozy.

Au Mali et dans plusieurs autres pays, l’événement a perdu son éclat d’antan. Des festivités ont été supprimées dans certaines cas et dans d’autres, le nombre des invités a été revu à la baisse. A Bamako, cette année, le 14 juillet a enregistré peu d’invités par rapport aux années précédentes.

La rencontre traditionnelle qui se déroulait entre Français à la résidence de l’Ambassadeur a été fondue dans la réception officielle qui a eu lieu à la chancellerie, Square Patrice Lumumba. N’eût été la quête organisée par l’Ambassade de France auprès d’orange Mali, Total-Mali et Bramali, cette fête n’aurait pas eu lieu.

Les habitués du 14 juillet ont dû remarquer une pénurie de boisson et des amuse-gueules notamment les brochettes de viande et de poisson.

Cette situation inhabituelle, en pareille circonstance, s’explique, semble t-il, par les difficultés de trésorerie auxquelles fait face le gouvernement français, dirigé par François Fillon.

L’Ambassade de la France au Mali n’a reçu que des miettes de la part de son département de tutelle, le Quai. La cérémonie très sobre organisée au Mali l’a été grâce à la générosité d’Orange-Mali, de Total-Mali et de Bramali.

Certaines bonnes volontés ont également apporté, dans la plus grande discrétion, leur contribution. Mais, il semble que les sociétés suscitées ont été approchées par les services compétents de l’ambassade de France au Mali pour lui venir en aide.


Moralité :
On a toujours besoin d’un plus petit que soi (Jean de la Fontaine). Plusieurs opérateurs économiques nous avaient confié que s’ils étaient au courant des difficultés financières de nos amis français, qu’ils allaient apporter leur modeste contribution pour rehausser l’image de cette fête qui a toujours connu un grand succès.

Notamment à Paris où le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Elysées fait l’objet d’une préparation minutieuse. Partout en France se déroulent bals, illuminations ou feux d’artifice.

En tout cas, le lundi 14 juillet, malgré les restrictions, l’ambassadeur de France au Mali, Michel Reveyrand De Menthon a tenu à célébrer la fête, en invitant les membres du gouvernement, des députés, des hommes de culture, des hommes de la presse, des anciens combattants de l’armée française…

Devant ce beau monde, Son Excellence a lu un discours plein d’engagement et d’enthousiasme : «Il y a un an, la saison des pluies tardait à s’installer, nous étions au milieu des élections législatives et la communauté internationale restait impressionnée par la force du processus démocratique du Mali, que les 3ème élections présidentielles depuis 1991 avaient si bien confirmée.

Depuis, un nouveau gouvernement a été mis en place. Des décisions importantes ont été engagées pour la mise en œuvre du programme du président ATT.

La préparation des assises de la lutte contre la corruption est lancée ; celle du Forum de l’éducation également ; des privatisations importantes sont engagées, un nouveau programme a été conclu avec le FMI, malgré les tensions économiques et financières ; la vocation agricole du Mali a été réaffirmée, créant pour le Mali des opportunités considérables en faveur du développement des entreprises des filières agroalimentaires».

Le représentant de Sarkozy au Mali dira ensuite que : «le 14 juillet, c’est l’occasion de se tourner vers l’histoire, notamment celle des relations entre la France et l’Afrique…Les relations entre la France et le Mali sont sans équivalentes. C’est une banalité, mais c’est surtout une vérité profonde que j’ai constamment présente à l’esprit».

Le 14 juillet a été également une occasion pour Michel Reveyrand De Menthon d’évoquer la présidence française de l’Union Européenne : «La construction européenne reste mal comprise. Ma priorité, au cours de cette période, sera d’essayer de mieux en faire comprendre la réalité. La construction européenne reste le grand projet contemporain des Européens.

L’idée est ancienne, car il s’agit d’un mouvement inscrit dans la géographie et donc dans nos histoires communes. Le projet s’est affirmé aux lendemains de la 2ème guerre mondiale, avant tout comme un horizon de paix et de prospérité : avant tout ne plus jamais connaître ces guerres qui auront fait plusieurs dizaines de millions de morts…».

Rappelons que bien généralement associé à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, c’est la fête de la Fédération (14 juillet 1790) qui est commémorée en France depuis plus d’un siècle.

En ces premiers mois de la Révolution française, une grande agitation règne à Paris. Au printemps 1789, les Etats Généraux ont refusé de se dissoudre et se font transformer en Assemblée nationale constituante.

Le matin du 14 juillet, le peuple de Paris prend les armes aux Invalides puis se dirige vers une vieille forteresse royale, la Bastille. Après une fusillade sanglante, il s’empare de celle-ci et délivre les quelques prisonniers qui y étaient enfermés. La prise de la Bastille est une première victoire du peuple de Paris contre un symbole de l’ancien régime.

La «fête de la Fédération», le 14 juillet 1790, célèbre, en grande pompe, le premier anniversaire de l’insurrection. Par la suite, la commémoration du 14 juillet 1789 sera abandonnée. C’est ainsi que, sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 fait du 14 juillet la fête nationale de la République française.

L’Indépendant

Chahana TAKIOU

17 Juillet 2008