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Coup dur pour le Rassemblement Pour le Mali (RPM), dont le président semble aujourd’hui abandonné. Jamais le Bureau Politique National RPM, tout comme le président du parti lui-même, n’oublieron cette date du 13 Juin 2008 qui a été marquée, à Gao, par un départ massif de militants et responsables du parti !

Cela est d’autant plus vrai que ce sont une vingtaine de responsables de différentes structures du parti qui ont rendu le tablier, pour signifier leur adhésion à l’Adéma-PASJ dirigée par le Professeuret non moins président de l’Assemblée nationale, M. Dioncounda Traoré.

Dans cet acte un lâchage du président IBK par les siens -et cela, après plusieurs années de compagnonnage-, ne doit-on pas voir la main invisible du parti de l’Abeille? En effet, parmi les partants qui viennent de mettre fin à leur amitié avec le prince de Sébénikoro se trouve la 4 eme vice-présidente (enfin, l’ex) du Bureau Politique National du RPM, Mme Touré Safiatou Touré, et M. Boncana Ibrahim, membre de la commission électorale du Bureau Politique National.

Le plus grâve dans cette démission, c’est que le coup intervient à un moment où le Rassemblement Pour le Mali essaie de retrousser les manche pour pouvoir redorer son blason déjà un peu terni avant les futures échéances électorales, dont la première manche devra se jouer en 2009 avec les élections municipales.

A Messieurs les secrétaires généraux des sections RPM de Gao, sections UJRPM de Gao, section UF-RPM de Gao, sous-section RPM des Commune de Gao, du Soni Ali Ber, de Gounzoureye, de Gabero, Messieurs. Nous, membres du groupe ci-dessous cité, vous informons, par la présente lettre, de notre démission collective du Rassemblement Pour le Mali et toutes ses structures pour compter du 13 Juin 2008 “.

C’est en substance le contenu de la note tombée comme un couperet sur la table des responsables de cette formation politique créée par l’ancien Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré et certains de ses camarades politiques. Cette démission a autant plus fait mal au BPN-RPM que les sortants sont si nombreux qu’ une vraie menace plane sur le parti à Gao où on commence déjà à douter de ses chances de survie dans la localité.

La longue liste des démissionnaires se présente ainsi : Mme Touré Safiatou Touré, 4ème vice-présidente du BPN-RPM ; Boncana Ibrahim, Commission électorale BPN-RPM ; Houdou Seydou, 2ème trésorier, section RPM; Arbouna Touré, 2ème secrétaire à l’organisation, section RPM ; Kawaly Sidibé, 3ème secrétaire à l’organisation ;

Mme Dia Fatoumata Hamada dite Waïya, section UR-RPM ; Mme Kougna Maïga, présidente sous-section UF-RPM, commune de Gao ; Sidi Yahiya Touré, secrétaire général, section UJ-RPM ; Seydou Alkaïdo, secrétaire général, sous-section Soni ; Sidaty Hachimi, secrétaire général, sous-Section UJ-RPM Soni ; Oumar Touré, secrétaire administratif, sous-section UJ-RPM Gao.

Viennent ensuite Souleymane Zeïdi, comité des sages RPM Soni ; Halidou Gomni, secrétéaire à l’organisation, sous-section Soni, Abdoulaye Ibrahim, secrétaire à la mobilisation, sous-section Soni ; Salibou Dalo, secrétaire adjoint à la mobilisation, sous-section Soni ;

Mahamadou Abdou, secrétaire au développement, sous-section Soni ; Youssan Touré, sous-section Gounzoureye ; Albachar Garka, sous-section Gounzoureye ; Aragaou Dicko, secrétaire politique, sous-section Gao, UF-RPM Gao. La n »est pas exhaustive…

On comprend dès lors pourquoi le Bureau Politique National du Rassemblement Pour le Mali doit s’inquiéter pour l’animation, du moins la réanimation du parti au niveau de la Cité des Askia.

Surtout que le jour même où ce groupe de démissionnaires du RPM a fait part de sa décision aux responsables du parti, sous la conduite de Mme Touré Safiatou Touré et Boncana Ibrahim (respectivement 4ème vice-présidente du BPN-RPM et membre de la commission électorale du parti) une lettre a été adressée au secrétaire général de l’Alliance pour la Démocratie Adéma-PASJ, pour lui signifier leur désir d’adhérer au parti.

IBK a donc de sérieuses raisons de ressentir cette dmission comme un coup de poignard dans son dos. La raison la plus simple est que ceux qui sont à la base de ses déboires actuels militent, pour la plupart, au sein du parti des ruchers dont il a été le président pendant plusieurs années.

Pourquoi ces démissionnaires du RPM ont-ils préféré l’Adéma au lieu d’une autre formation politique? Ont-ils été démarchés dans l’ombre, à Gao, par des responsables de l’Adéma? Le coup a-t-il été préparé depuis Bamako? Ce sont autant de questions qui, pour le moment, n’ont pas de reponses.

Pendant ce temps, au Rassemblement Pour le Mali, on se contente, pour l’heure, de murmures. Mais on y croit mordicus que les responsables de l’Abeille ne sont pas blancs comme neige dans cette malheureux revers que vient d’essuyer les responsables du parti. Détiennent-ils même des indices pour avoir cette conviction ?

Selon un militant ayant préféré garder l’anonymat, ce n’est pas pour rien que les démissionnaires sont partis. “Ce n’est pas pour rien non plus qu’ils sont retournés à l’Adéma“, déclare-t-il d’un ton trop courroucé. Au sein des responsables du RPM également, on croit à cette hypothèse, dans la mesure où, selon eux, depuis longtemps, l’Adéma a entamé une action de destabilisation et de débauchage.

Comme preuves, Ils s’en tiennent aux récentes fusions au sein du parti de l’Abeille, le tout sous la conduite de son président Dioncouda Traoré.

Si l’hypothèse d’une démarche auprès de ces démissionnaires du RPM est fondée, doit-on conclure alors à une forme de vengeance des responsables de l’Adéma contre IBK ? Est-ce une manière de l’isoler, sinon de l’anéantir politiquement avant les échéances prochaines ?

Laya DIARRA

25 Juin 2005