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Compte tenu des exonérations accordées par le gouvernement malien sur l’importation des produits, et “préoccupés” par la hausse du prix des céréales et autres produits alimentaires, certains opérateurs économiques ont pris une mesure dite patriotique : ramener le riz à un coût abordable par les populations.

C’est dans cette optique que Bakoré Sylla, PDG du Grand Grenier du Bonheur (GGB), Modibo Keïta, PDG de GDCM, Amadou Djigué de la société Djigué S.A., Mme Assitan Kouma des établissements Kouma et Frères, et le groupe Achkar viennent de mettre, chacun, 1 000 tonnes de riz à la disposition des commerçants détaillants pour qu’à leur tour, ils cèdent le riz aux populations à 310 FCFA le kilo.

Ces commerçants détaillants ont ainsi bénéficié de la tonne à 3 000 000 de FCFA, soit 300 FCFA le kilo

Chose promise, chose due, dit-on. Mais le hic, c’est que la qualité du riz livré a fait la différence, parce que certains commerçants détaillants bénéficiaires de la mesure déplorent, sinon décrient déjà la qualité du riz provenant de la société GDCM.

A les en croire, les opérateurs ont prouvé leur préoccupation face à la hausse des prix des produits. C’est pourquoi ils ont venus au leur secours et celui des populations. “Nous tenons à les remercier pour ce geste ; mais parmi les quantités livrées, nous déplorons un peu la qualité du riz de la société GDCM.

Ce n’est pas à nous de faire la part des choses, mais ce sont les populations qui ont se sont plaintes par rapport à la qualité du riz livré par GDCM. Ce n’est pas dire que l’initiative n’est pas bonne, seulement la qualité fait défaut”, lance un commerçant détaillant.

Quoi qu’il en soit, les opérateurs économiques ont bel et bien fait preuve de patriotisme en apportant grâcieusement leur aide aux populations maliennes et en répondant à l’appell de l’Etat, car toutes les localités sont concernées par cette distribution du riz et le maintien du prix de son kilo à 310 F CFA. Mais ce prix a-t-il été respecté?

Signalons que depuis un certain temps, les marchés se caractérisent par une hausse des prix des produits alimentaires. Et si les opérateurs économiques ont décidé de combler ce vide par l’approvisionnement des commerçants détaillants afin qu’ils livrent ce riz aux populations à un prix à la portée de leur bourse, ils doivent aussi prendre en compte la qualité de leurs offres.

Il ne faut donc pas qu’ils profitent de la situation pour écouler les mauvais produits qui se trouvent au niveau de leurs stocks, en prétendant ainsi que les populations ont besoin du moyen cher. Les opérateurs doivent plutôt tenir compte de la qualité de leur livraison, non seulement pour leur crédit et leur réputation, mais aussi pour le bien des populations.


Mariétou KONATE

18 Mai 2008