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L’Assemblée Nationale du Mali a adopté le vendredi 8 février 2008, une loi relative au contrôle de qualité des engrais. Ladite loi qui était défendue par M. Tiémoko Sangaré, ministre de l’Agriculture, soumise au vote a recueilli 120 voix pour, 0 contre et 4 abstentions.

La séance plénière était présidée par Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée Nationale.

L’ETAT DES LIEUX

L’économie malienne repose principalement sur le secteur primaire dominé par une agriculture extensive et un élevage transhumant. Le développement de ce secteur s’avère fondamental pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations et la croissance économique du pays.

Le développement agricole se trouve cependant confronté d’année en année à une dégradation sans cesse continue des sols liée à une pression agricole de plus en plus marquée par : l’augmentation des superficies défrichées ; la réduction de la durée des jachères ; l’accentuation des phénomènes d’érosion des sols; le déclin de la fertilité des sols.

Aussi, pour augmenter le niveau de fertilité et améliorer la productivité des sols, les agriculteurs ont de plus en plus recours à l’utilisation des engrais. Aujourd’hui, la consommation nationale en engrais minéraux avoisine les 175 000 tonnes (dont 70 000 pour le complexe coton, 62 000 pour l’urée, 28 000 pour le complexe céréales et 6 500 pour le Di-ammonium Phosphate-DAP), ce qui correspond en valeur à 53 360 000 000 F CFA par an.

A part le phosphate de Tilemsi, tous les autres engrais minéraux utilisés au Mali sont importés. La plupart de ces fertilisants qui perdent leur efficacité suite à une mauvaise conservation et un stockage prolongé sont néanmoins utilisés dans les champs avec toutes lse conséquences sur les plantes, les sols, les animaux et l’homme.

Ce secteur joue un rôle important dans la croissance économique et dans la réalisation des objectifs de sécurité alimentaire. En effet, avec le désengagement de l’Etat des activités de production, de commercialisation ; et suite à la fermeture de l’usine de production de phosphate de Tilemsi, la production et la distribution d’engrais restent monopolisées par les opérateurs économiques privés et certains regroupements de producteurs.

Lesdits engrais ne sont généralement soumis à aucun contrôle. Cet état de fait a entraîné une prolifération d’engrais de tous genres sur le marché et constitue un danger pour l’homme et son environnement.

Les contraintes majeures liées à l’approvisionnement en engrais et le manque de professionnalisme de certains fournisseurs nécessitent la prise de mesures d’assainissement.

JUSTIFICATION DU PROJET DE LOI

Les apports de nutriments à des fins agricoles comme ci-dessus cités engendrent souvent des problèmes écologiques notamment l’eutrophisation des eaux de surface, l’accumulation des nitrates dans la nappe, l’acidification des sols et l’émission d’oxyde nitreux (N20), un gaz à effet de serre, d’où la nécessité d’instaurer un contrôle de qualité et de fixer les règles d’utilisation des engrais.`

Le contrôle de qualité des engrais comporte plusieurs aspects et implique plusieurs intervenants : Direction Nationale de la Concurrence et du Commerce, Laboratoire National de la Santé ; Laboratoire Central Vétérinaire (contrôle des résidus des fertilisants et leurs effets sur l’organisme humain), Laboratoire des Sols, Eaux et Plantes de l’IER (contrôle de la texture et de la qualité des engrais).

Le contrôle au cordon douanier, dans les exploitations agricoles et le contrôle de l’étiquetage relèvent de la Direction Nationale de l’Agriculture à travers la Division Contrôle Phytosanitaire et Législation.

La loi ainsi adoptée a été élaborée pour corriger les insuffisances, permettre une professionnalisation des activités d’importation, de distribution et de vente des engrais en gros et mettre à la disposition des exploitants agricoles des intrants de bonne qualité respectueux de l’environnement.

Daba Balla KEITA

11 Février 2008.