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Les dirigeants de la Cédéao envisagent « une transition » après le putsch au Mali, où le président de l’Assemblée assurerait l’intérim du pouvoir jusqu’aux élections, a déclaré à RFI le ministre burkinabé des Affaires étrangères, entérinant de fait l’éviction du président malien.

La délégation de chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui se rend jeudi au Mali, va « réclamer le retour à l’ordre constitutionnel normal, pour que les élections au Mali puissent se tenir. Bien sûr, il sera question d’une transition, une transition conforme aux dispositions constitutionnelles », a déclaré Djibril Bassolé à Radio France Internationale (RFI).

Interrogé sur l’éventualité d’un intérim assuré par le Président de l’Assemblée nationale Dioncounda Traoré, le ministre répond: « Tout à fait. C’est a priori ce qui pourrait se passer: que le président de l’Assemblée qui est l’intérimaire constitutionnel puisse présider aux destinées du pays dans les modalités définies, arrêtées, acceptées par la classe politique et les responsables de la junte, afin qu’au plus tôt on puisse aboutir aux élections ».

« Si c’est la formule qui peut permettre de sortir de crise, pourquoi pas? Et je pense que le Président Amadou Toumani Touré n’y verrait lui-même pas d’inconvénient, lui qui a toujours souhaité la paix, la stabilité et la démocratie », a-t-il ajouté.

La délégation sera conduite par le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, chef en exercice de la Cédéao (15 Etats). Elle sera composée de ses homologues du Burkina (Blaise Compaoré), du Bénin (Boni Yayi) du Liberia (Ellen Johnson Sirleaf), du Niger (Mahamadou Issoufou) et du Nigeria (Goodluck Jonathan).

Le président burkinabè a en outre été nommé médiateur dans la crise malienne avec pour « mission de prendre contact avec toutes les parties prenantes en vue d’engager un dialogue fructueux pour la restauration de la paix dans le pays ».

12:18 – 28/03/12

PARIS (AFP)