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Au sortir d’une rencontre du Comité exécutif de l’Adema-Pasj qui s’est terminée en queue de poisson hier au siège du Pasj, Me Kassoum Tapo, resté fidèle à la ligne de conduite du parti et Mme Diabaté Fatoumata Diombana, proche de Dramane Dembélé dont elle est membre du staff de campagne en sont arrivés aux mains, le premier ayant copieusement malmené la seconde pour, dit-il, des injures graves.

A l’arrivée de notre équipe de reportage, la bonne dame, accompagnée d’Harouna Cissé, directeur de campagne de Dra et de Mme Zouré Fatoumata Maïga, 1ère vice-présidente du mouvement national des femmes, se rendait à la Brigade Territoriale de la Gendarmerie de Bamako-coura où elle a déposé une plainte contre son «agresseur», absent des lieux. Une scène qui, si besoin est de le rappeler, en dit long sur la profondeur du fossé qui existe désormais entre les dirigeants de ce parti, désormais divisés entre Ibrahim Boubacar et Soumaïla Cissé.

Que s’est-il passé ?

En effet, les membres du Comité exécutif de l’Adema-Pasj se sont réunis hier au siège du parti, histoire d’accorder leurs positions après la cacophonie qui a vu le jour au sein du parti au sujet de la voie à suivre après la proclamation des résultats du premier tour de la présidentielle, leur candidat étant arrivé troisième au classement. Ainsi, cette rencontre qui devrait servir à épargner le parti du pire se serait finalement tournée en un interminable tiraillement entre le camp favorable à Dramane Dembélé et les autres membres du CE, les premiers ayant décidé de soutenir IBK au second tour alors que les seconds avaient appelé à voter Soumaïla Cissé, ligne de conduite officielle du parti.

De sorte qu’après 8 heures d’intenses débats, les participants n’étaient pas parvenus à tirer une conclusion claire, le candidat de l’Adema ayant refusé de se plier à la demande qui lui aurait été faite par l’autre camp de revenir sur la déclaration qu’il a faite sur RFI, dans laquelle il a appelé les militants du parti à reporter leur voix sur IBK.

Face à ce constat, il aurait été instruit à Tiémoko Sangaré de trouver une formule qui permettrait au parti d’avoir une issue honorable à cette situation. Au sortir de la rencontre, Dramane Dembélé, contre la volonté exprimée du CE, aurait confié que la majorité des membres du CE était favorable à un soutien à Ibrahim Boubacar Keita. Toute chose qui n’aurait pas été du goût de Me Kassoum Tapo qui, sur le coup, aurait reproché au candidat d’aller à l’encontre de la volonté clairement exprimée par la réunion. Il n’en fallait pas plus pour que Me Tapo s’attire la foudre de Diabaté Fatoumata Diombana qui se serait mise à l’insulter père et mère, selon les explications de l’avocat que nous avons joint au téléphone.

Aux dires de Me Tapo, il ne s’agirait pas du premier accroc entre lui et cette conseillère municipale de la Commune V du District qui ne manquerait une occasion pour lui tenir des écarts de langage. Logiquement, il n’aurait pas pu encaisser le coup d’hier. Si l’on en croit Mme Diabaté, elle payerai rien que pour avoir défendu ses idées, sinon elle’ n’aurait nullement insulté son camarade.

Son seul tort, c’est d’être proche de Dramane Dembélé qu’elle estime être le camp majoritaire. « Nous avons demandé de voter, ils ont refusé et demandent à Dramane de retirer les mots qu’il a tenus sur RFI», tient-elle à savoir sur un ton de colère, cherchant encore sur les lieux de la scène un bijou en or qu’elle aurait perdu au cours du pugilat.

Nous montrant des égratignures qu’elle déplore au niveau des genoux, Fatoumata Diombana n’a pas manqué de reprocher à son «agresseur» d’abuser de son immunité parlementaire pour se permettre n’importe quoi.
Cette scène de pugilat nous donne raison dans notre analyse selon laquelle les démons de la division sont bien de retour dans la Ruche.

Bakary SOGODOGO

05 Août 2013