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A chaque rentrée de la saison des pluies, il s’installe dans notre pays une grande interrogation. L’angoisse qui conduit à s’interroger pour savoir si l’hivernage sera bon et bénéfique.

Pour un pays à 90% agricole, cela se comprend et fait désormais partie de nos hantises familières .

Ce qui l’est moins, c’est l’extrême psychose ou plutôt toutes ces psychoses qui risquent de ne s’estomper, même une fois les récoltes rentrées.

Elles sont en rapport avec l’année blanche en perspective, malgré les faux plans de sauvetage dont on sait par avance qu’ils ne produiront aucun effet. Elles sont en rapport avec l’exacerbation et le déplacement spatial de la crise du Nord au point de menacer les zones de survie que sont les terres de culture du pays .

Et pendant ce temps on constate une soudaine radicalisation du discours officiel et la mise à l’écart par le président de la République des ministres en charge du dossier.

Cette psychose, c’est cette peur panique que le pays ne succombe à la faim parce que cette initiative riz, inventée de toutes pièces, aura du mal à se concrétiser et à atteindre ses objectifs, tant le scepticisme autour du projet est grand !

Ajoutez-y le désoeuvrement des jeunes sans emploi, la pauvreté aggravée des couches les plus faibles de nos compatriotes, les caisse vides de l’Etat, les grondements des syndicats et le climat politique délétère et vous aurez un aperçu de ce que sera la météo de ces trois prochains mois. Et même au delà.


S.El Moctar Kounta

14 Mai 2008