Partager

Un protocole d’entente signé le 3 avril fait état de remerciements adressés au guide libyen Mouammar El Kadhafi, considéré comme le haut médiateur de la paix dans l’espace sahélo saharien. Dans son communiqué, le gouvernement cite, entre autres accords du protocole, un cessez le feu et un engagement à continuer le processus de négociation pour le retour de la paix, de la stabilité et du développement durable de la région.

Les deux parties, indique le communiqué du gouvernement, se reconnaissent dans l’accord d’Alger et s’engagent en faveur de son application. D’autres sources précisent que les rebelles ont convenu de libérer les otages et que le gouvernement doit alléger le dispositif militaire au Nord.

Si le protocole d’entente permet de surseoir aux hostilités, il ne nous indique nullement si l’armée accepte de se retirer de la zone de Tinzaouatène. Il faut dire que, pour Bahanga et sa bande, cette zone éminemment stratégique reste l’épine dorsale du conflit.

Au demeurant, dans les clauses de l’accord d’Alger, le principe de l’intégrité du territoire reste intangible. C’est pourquoi, jusqu’à présent, tous les contours du protocole d’entente ne sont pas clairs.

Toujours est-il que les deux parties sont déterminées à appliquer l’accord d’Alger. Cela conduit évidemment à respecter le cadre des négociations engagées par le médiateur algérien. C’est donc une procédure diplomatique qui tient à respecter tous les partenaires engagés dans les diverses négociations, quoique la Libye, aujourd’hui, semble prendre le pas sur l’Algérie.

Le déplacement des centres du conflit révèle, à plus d’un titre la complexité d’un problème qu’il ne faudrait pas réduire à sa plus simple expression. La bande sahélo saharienne est devenue une zone dans laquelle différents intérêts sont entrés en conflit, d’où la multiplicité des acteurs sollicités pour les médiations.

Suivant ce protocole d’entente, l’armée quittera-t-elle Tinzaouatène ou effectuera-t-elle un simple allègement. Les évènements nous préciseront dans quel sens le protocole sera appliqué.

Baba Dembélé

07 avril 2008.