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La veillée d’arme avant la grande confrontation

Le bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a organisé mardi à son siège un point de presse. L’objectif était de faire le point de la mise en œuvre du protocole d’accord du 18 juillet 2007 signé entre le gouvernement, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et l’UNTM. A la Bourse du travail, le résultat semble mitigé.

Siaka Diakité, secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali a présidé mardi dernier le point de presse que le bureau exécutif de la centrale syndicale a organisé. Campant le décor, le SG de l’UNTM a précisé que son organisation suit avec une vive préoccupation la situation du Mali post-privatisation, avec ses ondes de chocs et d’écumes. Pour lui, la conjoncture internationale et nationale est toujours dominée par des enjeux fondamentaux avec comme toile de fond le ralentissement de nos économies.

Aux dires de M. Diakité, parmi les nombreuses interrogations, la question cruciale demeure la relance de l’économie nationale et l’amélioration du bien-être des Maliens.

Faisant le point de la mise en ouvre du protocole d’accord signé le 18 juillet 2007 entre l’UNTM, le gouvernement et le CNPM, le président de la commission de négociation, Seydou Diarra, a énuméré un chapelet de revendications contenues dans ledit protocole et qui ont fait l’objet de négociations. « Certaines ont été satisfaites, d’autres partiellement satisfaites et d’autres au point mort », a-t-il dit.

Le paiement des arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et entreprises d’Etat, le contenu de l’accord entre le gouvernement et l’Association des travailleurs partants volontaires à la retraite, le prix des produits de première nécessité à un seuil compatible avec les revenus des consommateurs sont autant des points soulevés par le président de la commission de négociation.

A ses dires, en réponse aux mesures prises par le gouvernement dans le cadre des propositions formulées par le Forum national sur les produits de première nécessité organisé le 26 et 27 décembre 2007, l’UNTM a demandé et obtenu la relecture du décret portant création du Conseil national des prix afin qu’il soit indépendant, transparent et rattaché directement au département de tutelle. « L’UNTM a proposé également la création d’un poste de vice-président au sein du Conseil, la communication et la publication des résultats de ses travaux, la tenue de réunion une fois par mois et toutes les fois en cas de besoin », a dit Seydou Diarra.
Les allocations de 1000 à 1500 F CFA

Aussi pour anticiper sur les problèmes éventuels, l’UNTM, aux dires de son secrétaire général, a entrepris une démarche tendant à rencontrer toutes les sociétés et entreprises d’Etat pour recueillir leurs préoccupations. « Après chaque visite, nous avons formulé des recommandations que nous avons adressées au gouvernement. Sa réaction se fait tard, mais nous attendons la fin des vacances gouvernementales pour le faire réagir ».

Le décret instituant le service minimum en cas de grève, la relecture des conventions collectives, le bilan de la privatisation, la révision de la contractualisation des emplois dans la Fonction publique, le réexamen de la grille de salaire et l’augmentation du taux des allocations familiales ont fait l’objet de négociation entre le gouvernement et l’UNTM. Sur ce point aux dires du président de la commission, après discutions, les deux parties ont proposé de relever le taux des allocations familiales de 1000 F CFA à 1500 F CFA avec date d’effet au 1er juillet 2008

S’agissant de la privatisation de la CMDT, les conférenciers ont fait savoir que la filialisation n’entraîne aucun changement dans le contrat des salariés. « Durant toute la phase de transition, la CMDT conservera l’activité de la vente de la fibre et celle de l’importation des intrants stratégiques. Le personnel de la CMDT et une partie de celui de l’OHVN seront repartis sur les filiales ».

Selon Siaka Diakité, l’UNTM ne manquera pas à son devoir de solidarité vis-à-vis du peuple malien dont le génie a prouvé en maintes circonstances qu’il est capable de sursaut chaque fois que les événements l’exigent. « Le protocole d’accord du 18 juillet participe de cette volonté. C’est pourquoi nous voulons l’évoquer et expliquer qu’il ne génère aucune senteur politicienne, mais dégage les marques d’un dynamisme fécond qui nous aident à avancer », a dit le SG.

Idrissa Sako

20 Août 2008