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A cette occasion, le coopérant allemand, chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de l’Environnement, a touché du doigt « la faiblesse des succès réalisés dans le cadre de l’amélioration de l’Environnement au Mali ». Cette mauvaise note accordée au gouvernement malien par son partenaire allemand résulte d’un « manque de progrès dans la mise en oeuvre du plan national d’action environnementale et des conventions environnementales« , signale le Dr. Betke. Selon lui, « le problème central réside toujours dans le fait que les normes de la politique nationale de protection de l’environnement sont insuffisamment prises en compte lors de l’exécution des projets de développement« . L’heure est donc grave quand on sait qu’il s’agit d’une dénonciation par le principal bailleur de fonds dans le secteur, qui relève une inertie en des termes diplomatiques comme « ce manque de progrès ou la faiblesse des succès réalisés ». Et mieux, il s’agit de la mise en oeuvre du « Plan national d’action environnementale » un document élaboré souverainement par notre pays et qui reste sans application. Ou encore de notre politique nationale de protection de l’environnement foulée au pieds lors de l’exécution des projets de développement. La colère en toute diplomatie du coopérant allemand tient du fait que ces documents qui constituent presque la boussole pour les acteurs de protection de l’environnement sont presque rangés dans les placards.

Doit-on les ignorer tant ?

Au Mali, les problèmes écologiques représentent un obstacle croissant pour le développement économique et social. Ils conduisent à une dégradation considérable des ressources naturelles et par conséquent à une diminution du potentiel de production. Cette situation risque de compromettre les perspectives d’un développement durable et celles des générations futures du pays. C’est pour y faire face, de façon cohérente et coordonnée que le gouvernement du Mali a élaboré le plan national d’action environnementale (Pnae) et le Programme d’action national d’application de la désertification (Cid). Le gouvernement du Mali a également adopté la Politique nationale de Protection de l’Environnement et mis en place un cadre institutionnel approprié de gestion des questions environnementales. Les programmes d’action nationaux, régionaux et locaux issus d’un long processus participatif et itératif visent à résoudre les problèmes environnementaux majeurs identifiés et de mettre en place les mécanismes nécessaires à une gestion concertée des ressources de l’environnement.

Selon le Dr. Betke, « ces programmes d’action environnementale constituent un cadre d’orientation et de cohérence à l’intérieur duquel les différentes actions (ayant un lien avec la gestion de l’environnement) devraient s’inscrire obligatoirement« .

Mais hélas, on n’enregistre aucun progrès dans la prise en compte de la politique nationale de protection de l’environnement et du Pnae. D’où cette vérité du directeur de la Gtz le Dr. Betke : « pour la Gtz et la coopération allemande associée et autres partenaires techniques et financiers engagés dans le domaine de la préservation de l’environnement au Mali, la coordination et la mise en oeuvre du Plan national d’action environnementale est qualifiée de fonction importante« .

Boukary Daou

6 juillet 2006