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Organisée par le Programme de renforcement des capacités de l’Etat et des collectivités locales en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles du PNUD, cette journée de sensibilisation a enregistré une intervention.

En l’absence du président de l’Assemblée nationale, c’est le 2e vice-président, Assarid Ag Imbarcawane, qui a procédé à l’ouverture de la rencontre. La lutte contre la désertification et l’atténuation de la sécheresse, a-t-il rappelé, « constitue une priorité fondamentale pour notre pays« .

Le député a ensuite évoqué l’article 15 de la Constitution qui dispose que « toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat« .

Une journée de sensibilisation qui, à en croire Assarid Ag Imbarcawane, vient à point nommé. La pertinence des thèmes, conclura-t-il, « montre à suffisance l’intérêt que le département de l’environnement attache à la politique nationale de l’environnement« .

Ce séminaire de formation, qui était présidé par le président de la commission Environnement de l’Assemblée nationale, Ange Marie Dakouo, a enregistré plusieurs thèmes.

Il s’agit de la politique nationale de protection de l’environnement, la législation environnementale: enjeux et contraintes, la stratégie nationale de conservation de la diversité biologique au Mali.

S’y ajoutent la gestion des aires protégées et des zones humides, la protection des berges et la lutte contre l’ensablement du Niger et, enfin, l’eau et l’assainissement.

Le premier thème de cette rencontre a été exposé par le directeur du Secrétariat technique permanent du cadre institutionnel de gestion des questions environnementales (STP/CIGQE), Mamadou Gakou.

Selon lui, la politique de protection de l’environnement a pour but de garantir un environnement sain et un développement durable par la prise en compte de la dimension environnementale dans toute décision qui touche la conception, la planification et la mise en œuvre des politiques, programmes et activités de développement par la responsabilisation et l’engagement de tous les acteurs.

Elle permet, en outre, d’apporter une contribution significative aux questions fondamentales qui concernent la sécurité alimentaire, la lutte contre la désertification, la prévention et la lutte contre les pollutions, la lutte contre la pauvreté.

Cette politique s’inscrit dans un processus dynamique qui vise le développement socio-économique durable du Mali.
Depuis 1998, le Mali s’est doté d’une politique nationale de protection de l’environnement.

Cependant, quelques incohérences des missions des institutions et des textes relatifs à la gestion des questions environnementales existent, a relevé Alassane Ba, deuxième exposant et directeur du Projet de partenariat pour le développement du droit et des institutions de gestion de l’environnement en Afrique (PADELIA).

C’est pourquoi, l’intervenant préconise « une mise en ordre du cadre législatif« . Cela, à travers l’élaboration d’un code de l’environnement, regroupant, en un document unique, l’ensemble des préoccupations juridiques.

Mais, le code à lui seul suffirait-il pour mieux conserver notre environnement ? A cette question, Alassane Ba estime que « la qualité de la loi ne suffit pas. Les changements positifs que le droit peut apporter dépendent de son applicabilité chaque jour« .

La diversité biologique se réfère à la variété des écosystèmes, ainsi qu’à la variété et à la variabilité de tous les animaux, plantes et micro-organismes vivant sur notre planète.

Au Mali, il a été dénombré 1739 espèces spontanées ligneuses reparties entre 687 genres provenant de 155 familles.

Les experts affirment que le Mali a été l’origine de certains riz flottants: par exemple, le riz africain Oryza glaberrima serait cultivé depuis au moins 1 500 ans avant notre ère dans le delta central du fleuve Niger.

La faune sauvage compte plus de 70 espèces de mammifères. Au moins 640 espèces d’oiseaux sont ainsi connues dont 15 sont endémiques. Si l’on ajoute à tout ceci les 143 espèces halieutiques, on peut, sans risque de se tromper, dire que le Mali a un écosystème riche.

Comment alors préserver cette richesse ? C’est à cet exercice que s’est livré le Dr Alamir Sinna Touré devant les élus de la Nation.

Les solutions qu’il juge nécessaires se résument à quelques points essentiels tels que la réhabilitation des parcs biologiques, l’élaboration d’un projet de développement de l’écosystème, la vulgarisation des techniques de conservation des eaux et des sols.

Rendez-vous est pris les mercredi et jeudi prochains au Haut Conseil des collectivités territoriales.

Paul MBEN

08 mai 2006.