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La Section Syndicale de la Protection Civile (SSPC) affiliée à l’UNTM, était face à la presse le vendredi 27 mars à la Bourse du Travail en vue d’édifier l’opinion nationale et internationale sur les motivations du préavis de grève de 72 heures déposé le 24 mars sur la table du gouvernement.

Au cas où les revendications ne seraient pas satisfaites, les soldats du feu vont aller en grève les 8, 9 et 10 avril prochain. Les principaux orateurs de cette conférence furent Siaka Diakité, secrétaire général de l’UNTM et le sous-lieutenant Bakary N’Daou, secrétaire général de la SSPC.


Le ministre et le directeur en cause

Au cours de la conférence de presse, il a été beaucoup question de l’attitude du ministre de tutelle et du Directeur Général de la Protection Civile le Colonel Mamadou Traoré pour sa gestion opaque. Le secrétaire général de l’UNTM, en guise d’hommage aux martyrs, a demandé aux uns et aux autres d’observer une minute de silence tout en réitérant le soutien de la centrale syndicale aux actions de la SSPC.

Le secrétaire général de la Section Syndicale de la Protection Civile, dans son exposé, a fait savoir que le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile a subitement fermé sa porte à la section syndicale pour des raisons inconnues. Au cours de la même période, ce dernier n’a jamais répondu aux correspondances adressées par la Section Syndicale de la Protection Civile.

Pire, depuis le 15 décembre dernier, la SSPC a demandé une audience pour pouvoir discuter des problèmes qui minent la protection civile, mais cette demande est restée sans suite. Les soldats du feu se demandent donc pourquoi le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile ne veut pas rencontrer la branche syndicale ?

Le secrétaire général a ajouté en outre que l’attitude du Directeur Général de la Protection Civile, le Colonel gendarme Mamadou Traoré est très perplexe, ce dernier gère la Protection Civile comme une entreprise familiale à travers le clientélisme, le favoritisme, le népotisme… “Pendant que des véhicules de l’Etat sont garés chez lui, d’autres cadres du service marchent à pied”, a soutenu M. N’Daou.

Nuire à l’épanouissement de la protection civile

A en croire le secrétaire de la SSPC, le Colonel Traoré, dans sa croisade contre l’épanouissement des fonctionnaires de la Protection Civile, est parvenu à faire abroger avec le soutien indéfectible de son ministre l’arrêté n°07-2619/MSIPC-SG du 26 septembre 2007 portant réglementation du port de l’uniforme par les fonctionnaires de la Protection Civile.

Il continue à se battre pour faire modifier l’arrêté interministériel n°07-2613/MSUPC-MDAC-SG du 26 septembre 2007 portant réglementation de l’uniforme des fonctionnaires de la Protection Civile. Toutes ces actions sont entreprises sans l’avis du Syndicat de la Protection Civile ni des fonctionnaires de la Protection Civile qui sont les principaux concernés.

Aux yeux du syndicat, des modifications et abrogations d’arrêtés ont pour objectif de rétrograder les fonctionnaires de la Protection Civile sans pour autant avoir commis une faute du second degré comme il est prévu dans l’article 20 de la loi n°05-069 du 30 décembre 2005 portant statut des fonctionnaires de la Protection Civile.

Aussi, les fonctionnaires de la Protection Civile dénoncent le détournement du matériel destiné à la Protection Civile, au profit d’autres corps tels que la police et la gendarmerie. S’agissant de la tenue, depuis 2006 les fonctionnaires de la Protection Civile n’en sont pas dotés, pourtant ce volet est pris en charge chaque année pour des centaines de millions sur le budget d’Etat. “Où va donc ce budget que l’Etat alloue à la Protection?”, s’interroge le syndicat.

Dans le volet renforcement des capacités, les soldats du feu se demandent également où est passé les sous du projet PNUD. Face à tous ces problèmes et au comportement peu orthodoxe des autorités en charge de la Protection Civile, la Section Syndicale a lancé un préavis de grève de 72 heures qui se déroulera du 8 au 10 avril si les revendications ne sont pas satisfaites.


Les revendications

Le préavis de grève de 72 heures concerne 11 points qui sont entre autres : l’adoption du statut relu des fonctionnaires de la Protection Civile, l’exécution des points d’accord de la rencontre du 15 juillet 2008 entre le ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, la Section Syndicale de la Protection Civile et le SYNTADE (Syndicat National des Travailleurs des Administrations d’Etat).

La formation de la 2ème vague de chef d’agrès ; l’arrêt immédiat de toute tentative de modification des arrêtés n°07-2613 et n°07-2619/MSIPC-MADC-SG du 26 septembre 2007 portant respectivement la réglementation de l’uniforme à la Protection Civile et le port de l’uniforme par les fonctionnaires de la Protection Civile.

L’établissement des cartes professionnelles en appliquant l’arrêté n°07-2619/MSIPC du 26 septembre 2007, avec mention du Grade militaire correspondant aux titulaires ; le recrutement des techniciens et des administrateurs parmi les fonctionnaires actifs de la Protection Civile.

La mise en place des commissions administratives et paritaires, de la commission de réforme et du conseil supérieur des fonctionnaires de la Protection Civile. La dotation complète des fonctionnaires de la Protection Civile en tenues ; l’équipement matériel des infirmeries de la Protection Civile et leur dotation en produits pharmaceutiques nécessaires.

La régularisation indiciaire pour les formations professionnelles déjà effectuées par des fonctionnaires de la Protection Civile à l’intérieur et à l’extérieur du Mali et la participation des fonctionnaires de la Protection Civile aux missions humanitaires.

S’agissant de la question : Quelles est le point prioritaire de ces revendications ? Le secrétaire général de la SSPC a répondu que tous les 11 points sont prioritaires.


Mamoutou DIALLO

30 Mars 2009