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Les hécatombes causées sur les routes de Bamako par des conducteurs qui n’ont aucun respect pour la vie humaine peuvent justifier à elles seules la commémoration de la journée mondiale de la protection civile au Mali. Même si le pays n’est pas confronté aux types classiques de catastrophes comme les ouragans, les tempêtes tropicales et les cyclones.

Ainsi, avec certes un peu de décalage cette année, pour la 6è année consécutive, la journée mondiale de la protection civile, 1er mars, a été célébrée au Mali. La cérémonie commémorative a eu lieu plutôt le mardi 4 mars dans l’enceinte de l’école nationale des Sapeurs pompiers. Sous la présidence de Modibo Sidibé, premier ministre, l’évènement a été marqué par la présentation scénique des « gestes qui sauvent ». Ces gestes que les agents de la protection civile répètent tous les jours dans le cadre de leur travail.

Cette commémoration, en même temps qu’elle constitue un devoir de mémoire pour toutes les victimes des épouvantables catastrophes que l’humanité continue de subir, offre l’occasion de mettre en exergue les préoccupations pertinentes de la communauté internationale à travers un thème bien ciblé.

Pour 2008, le thème choisi est « la protection civile et les gestes qui sauvent ». Selon le directeur général de la protection civile, le colonel Mamadou Traoré, ce thème a un aspect pédagogique qui est la prise de conscience par l’ensemble des couches sociales de l’impérieuse nécessité de se prémunir contre les risques divers auxquels elles sont exposées.

Mais au- delà de ce aspect, le slogan pose la problématique de l’initiation aux gestes supplémentaires susceptibles d’annihiler ou, à tout le moins, de réduire considérablement les conséquences des terribles fléaux qui compromettent gravement les efforts de développement. «Initiation, mais aussi vulgarisation des pratiques quotidiennes qui doivent désormais constituer des réflexes élémentaires dont chaque être humain et chaque citoyen doit s’approprier», a dit le Colonel Mamadou Traoré.

La sécurité civile est considérée aujourd’hui comme la forme de sécurité dont l’impact est la plus visible au niveau des communautés. Elle met en jeu des centaines, voire des milliers de vies humaines qu’un simple réflexe de précaution ou une posture appropriée, rapide et adaptée permet de sauver sans contrepartie financière.

L’humanité entière admet de nos jours que si, en la matière, la responsabilité première incombe à l’Etat, l’implication de chacun et de tous s’avère de la plus haute nécessité. A ce titre, les autres composantes de la nation que sont les membres de la société, les collectivités territoriales, entre autres, ont un grand rôle à jouer.

Le directeur général de la protection civile a déclaré que le combat pour la sauvegarde des vies humaines en cas de catastrophe passe par la prévention afin de minimiser les risques. A défaut de pouvoir éviter les accidents, la prévention doit permettre d’atténuer leurs effets.

«C’est pourquoi le ministère de la sécurité intérieure et de la protection civile s’attelle à remettre en œuvre un vaste programme d’initiation aux gestes élémentaires de secours à travers des groupes cibles (transporteurs élèves et étudiants)», a expliqué le colonel Traoré.

Le but de cette initiative est de former 50 à 10 000 secouristes au cours de l’année à venir, soit environ 2000 par cercle.

Soumaila T. Diarra

06 Mars 2088.