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Le Mali est 3e producteur d’or en Afrique après l’Afrique du Sud et le Ghana. L’exploitation des ressources aurifères attire du beau monde, y compris des étrangers. Les professionnelles du sexe profitent bien du milieu pour faire prospérer leur métier.

L’exploitation aurifère au Mali est devenue une source de revenus pour les prostituées. Toute chose qui explique la multiplication des bars dans ces zones, dans lesquels sont réparties les professionnelles du sexe.

« Après l’ouverture de Morila en 2001, des bars ont commencé à voir le jour. A cette époque, il y avait dix filles par établissement, les Nigérianes,les Ivoiriennes et des Maliennes », explique le chargé de prévention VIH/MST auprès des prostituées de Sanso. « On fait croire aux jeunes femmes qu’elles sont en route pour l’Espagne ou ailleurs et en cours de chemin on leur demande de s’établir près des exploitations aurifères pour faire du commerce de leurs corps », ajoute-t-il.

Le cas d’une jeune ivoirienne du nom de Mimi est révélateur : « une femme m’a promis un emploi au Mali. C’était une opportunité pour moi de quitter mon pays pour prendre le chemin de l’aventure. J’ai été obligée de me prostituer pour subvenir à mes besoins ».

La prostitution est un réseau d’affaires. Ce sont de véritables entreprises “sexuelles” qui sont montées autour des mines et zones avoisinantes.

Les bars, qui abritent principalement les prostituées, s’érigent un peu partout. Ces zone aurifères sont devenues désormais lucratives pour les filles. Les professionnelles du sexe, en partie des Nigérianes, des Ivoiriennes et certaines des Maliennes, auxquelles les bars ne suffisent plus, affluent dans la ville.

Ces jeunes femmes n’ont d’autre solution que de multiplier les passes afin de rembourser le prix de transport du Nigéria jusqu’au Mali qu’elles doivent à leur promotrice, la responsable de leur établissement.

Mais avec une location de chambre à 15 000 CFA par mois et une prestation ne dépassant pas les 2000 CFA, les prostituées mettent souvent plus de six voire huit mois à rassembler la somme. « Si certaines quittent définitivement le Mali après avoir remboursé leurs dettes, d’autres préfèrent accumuler de l’argent pour investir ensuite dans leur pays », a expliqué le promoteur d’un bar à Morila .

Avec le Sida et d’autres maladies, la prostitution est un danger. Concernant les questions liées au Sida, maladie endémique, le chargé de prévention du VIH/MST affirme que les prostituées utilisent le préservatif. Dans la plupart des cas, elles arrivent à le faire accepter à leur client. La prostitution a eu des effets néfastes sur les jeunes filles de ces zones qui, attirées par l’appât du gain, ont elles aussi commencé à se prostituer.


Nouhoum Dicko

07 Juillet 2008