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Tout en acceptant la proposition de trêve à eux faite par le président de la République, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) se dit plus que jamais vigilant. A l’issue de son assemblée générale, samedi dernier, il a accordé dix-sept jours à ATT (du jeudi 15 au 31 juillet 2010) pour que des solutions concrètes soient trouvées à ses revendications.

Le 7 juillet 2010, le président de la République a décidé de prendre en main la crise de l’enseignement supérieur, paralysé par une grève illimitée déclenchée depuis bientôt quatre mois par les enseignants.
ATT a proposé au Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) d’observer une trêve afin de lui permettre de mettre en place un nouveau cadre de négociations et valider l’année universitaire 2009-2010 qui reste toujours menacée.

En effet, à l’issue de son assemblée générale extraordinaire du 10 juillet 2010 marquée par des débats intenses à l’Ecole national d’ingénieurs (ENI), le Snesup a accepté la main tendue du président de la République et a décidé d’observer une trêve allant du 15 au 31 juillet 2010, soit dix-sept jours, pour permettre aux autorités de faire des propositions concrètes au risque de rouvrir les hostilités.

Cependant, la prudence est de mise. Au cours de l’assemblée, un mot a particulièrement dominé les interventions de professeurs invités à donner leur avis et à faire des propositions en fonction de celles faites par le chef de l’État. Il s’agit bien du mot vigilance, vigilance encore, vigilance toujours.
Jargon militaire

Pour les grévistes, il n’est plus question de sacrifier quatre mois de lutte. « Nous n’avons pas le droit de sortir pendant tout ce temps et perdre », a plaidé un professeur de la Faculté des sciences et techniques (Fast) qui, comme beaucoup de ses pairs, a demandé au comité exécutif du Snesup d’observer la vigilance avec la proposition de trêve du président qui pourrait, a-t-il prévenu, leur tendre un  » piège ».

Selon les professeurs, le mot « trêve » est avant tout un jargon militaire qui pourrait sous entendre « reculer pour mieux sauter ». Ces derniers voient en ce vocable une stratégie pour les divertir, d’où toute la justification de leur méfiance. « Le président doit bien comprendre que nous ne sommes pas en guerre », a laissé entendre un enseignant faisant allusion au profil militaire d’ATT qui a une longue expérience de médiation.

Les enseignants s’estiment aujourd’hui humiliés par les autorités qui ont, ont-ils déploré, injustement « exhibé » leur grille salariale sur la place publique. Ils trouvent cette attitude du gouvernement révoltante à partir du moment où le président lui-même a affirmé qu’il ne peut pas humilier des chefs de famille après la publication du rapport de la Casca épinglant des fonctionnaires de l’État, auteurs de malversations financières.

De quel droit le président peut se permettre de nous humilier ? C’est la question que la plupart des militants du Snesup se sont posé et qui ne garantissent pas la cohésion dans le nouveau cadre de négociation qu’ATT entend mettre en place pour résoudre définitivement la crise. Mais, attendons de voir !

Amadou Waïgalo

12 Juillet 2010.