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Le Ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Modibo Sylla a présidé, hier au Grand Hôtel de Bamako, l’ouverture des travaux du 1er congrès constitutif de la fédération des associations des promoteurs immobiliers d’Afrique de l’ouest en prélude au salon de l’habitat prévu le 25 du mois.

Ce congrès auquel prennent part de nombreux acteurs du secteur de la sous-région, notamment du Sénégal, du Burkina Faso, du Niger, du Togo, a enregistré la présence de Moussa Coulibaly, président de l’Association des promoteurs immobiliers du Mali ( APIM).

En accueillant les nombreux délégués venus du continent, le président de l’Association des Promoteurs Immobiliers du Mali déclarera que notre pays est fier de les recevoir pour, dit-il, finaliser l’important projet et le défi d’intégration du secteur privé ouest africain. Il a rappelé l’identité des problèmes auxquels les promoteurs immobiliers de notre espace restent confrontés ; à savoir la disponibilité et la sécurisation foncière, réglementation, maîtrise des coûts de production, appui institutionnel, visibilité d’une politique de l’habitat et surtout les contraintes de financement.

Du reste, Moussa Coulibaly demeure optimiste: “ensemble, les acteurs pourront trouver des propositions idoines de solutions à soumettre à leurs différentes autorités pour permettre au secteur et, singulièrement à la profession de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans la satisfaction des besoins légitimes et justifiés des citoyens en matière de logement”. Pour le président de l’APIM, de la satisfaction de ces besoins en logement dépendra aussi largement la crédibilité et la pérennité de la nouvelle structure qui sera mise en place.

Aussi, Moussa Coulibaly reste convaincu que le secteur de l’habitat en général, la production du logement en particulier, constituent un secteur porteur et un facteur de développement économique singulièrement dans nos Etats en proie à un déficit important de logements. Facteur de développement pour le président de l’APIM, ce congrès constitutif du secteur de l’immobilier contribue aussi largement à l’instauration d’une politique sociale et de développement humain durable.

C’est pourquoi, déclarera t-il, devant les délégués et ses collègues “notre vision est pertinente et porteuse d’espoir pour nos populations et nos sociétés. A travers notre fédération, c’est une véritable révolution que nous pourrons déclencher dans notre secteur grâce à notre contribution pour une réelle convergence des politiques d’habitat, une harmonisation des règlementations et une mise à niveau des procédures et normes de nos pays respectifs” .


Difficultés conjoncturelles

Le secteur immobilier au Mali, comme ailleurs sur le continent, connaît de sérieuses difficultés. Ces difficultés sont tant conjoncturelles que structurelles. Pour le président de l’APIM, c’est ensemble que les acteurs doivent oeuvrer pour parvenir à juguler les obstacles et handicaps qui entravent leur épanouissement, dans l’intérêt de leurs entreprises respectives, de la coopération, des Etats et surtout de l’ensemble de leur concitoyen.

Par ailleurs, l’orateur attirera l’attention sur un constat amer et auquel le secteur est confronté. Il a déclaré que“notre image est généralement détériorée auprès de l’opinion par une facile assimilation à des pratiques douteuses nées de l’attrait du foncier. Nous devons nous atteler à l’adoption d’une charte de bonne conduite et de déontologie et inciter nos Etats à être plus regardants sur les critères d’accès à notre profession” a fait remarquer le président de l’APIM avant d’insister : “Nous devons nous efforcer de concourir à la restauration de notre image auprès de notre clientèle et à favoriser une meilleure collaboration avec des administrations de nos pays respectifs”.

La création d’un regroupement est un voeux que le président de l’APIM a souhaité. Selon lui, c’est aussi le vœu des membres de la profession, car, pouvant contribuer notamment à une meilleure prise en compte de leurs intérêts par les partenaires institutionnels. “Nous devons donc nous efforcer de créer une structure capable de nous représenter et de rechercher pour notre coopération les appuis indispensables à notre promotion” insistera Moussa Coulibaly président de l’association Malienne des promoteurs immobiliers.

Par ailleurs, il n’a pas manqué de signaler le financement qui, aujourd’hui, constitue une contrainte majeure dans le secteur. Pour toutes ces raisons et pour d’autres, Moussa Coulibaly demandera au ministre Sylla d’être leur interprète auprès des autorités et des pouvoirs publics.

Une communauté de destin

Pour le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Modibo Sylla qui a présidé la cérémonie d’ouverture de ce congrès, “la communauté de destin, l’identité des contraintes qui entravent nos actions et l’insuffisance de nos moyens d’en faire face nous imposent de resserrer plus que jamais nos rangs si notre sous-région, pourquoi pas l’Afrique entière veut réussir son pari du développement socio-économique”. Il a exprimé toute sa joie de partager ces moments qui consacrent la naissance de la fédération des associations des promoteurs immobiliers d’Afrique de l’Ouest.

Il a saisi l’occasion pour exprimer ses sincères félicitations au comité d’initiative et à tous ceux dont les efforts conjugués ont rendu possible la cérémonie. Le ministre Modibo Sylla rappellera aussi que les problèmes liés à l’exercice du métier de promoteur immobilier sont connus de tous.

Par ailleurs, il a informé des reformes entreprises par les Etats respectifs. Pour lui, les objectifs assignés à cette organisation permettront sans nul doute à promouvoir l’accès du plus grand nombre de nos populations à un logement décent, et à des conditions favorables. Mais, il a fait comprendre aux différents acteurs qu’une organisation ne vaut que ce qu’en font les acteurs chargés de l’animer.

C’est pourquoi, il a plaidé aussi pour que l’engouement qui a prévalu à la création de l’association soit maintenu voire renforcé. Pour terminer, Modibo Sylla a rassuré les congressistes de la disponibilité du gouvernement à tout mettre en oeuvre pour imprimer un élan au secteur.


Laya DIARRA

20 février 2007.