Partager

L’Afrique est un marché extrêmement important pour Microsoft aujourd’hui. Ainsi, lorsque l’on parle des pays émergents en évoquant des groupes tels que Microsoft, on songe immédiatement au Brésil, à la Russie, à l’Inde et à la Chine. Or, les statistiques pourraient vous surprendre. En effet, l’an passé, le chiffre d’affaires que nous avons réalisé en Afrique était effectivement supérieur à celui enregistré en Inde ou en Chine. Depuis 2005, notre croissance moyenne en Afrique a atteint près de 20%”.

Ces propos de Steve Ballmer, le président-directeur général de Microsoft Corporation, lors du forum panafricain ICT Best Practices 2008 sont sans équivoques sur les intentions du leader mondial dans les logiciels sur le continent noir. En effet sous le couvert de la promotion des technologies de l’information et de la communication (TIC), Microsoft est en train de s’implanter durablement en Afrique. Le forum sur le partage des meilleures pratiques dans le domaine des TIC qui s’est tenue à Ouagadougou au Burkina Faso du 21 au 23 avril pour la seconde année consécutive et qui regroupe gouvernements, secteur privé, ONG, Institutions financières, reste un moyen pour Microsoft de pénétrer le continent.

Avec près d’un milliard d’habitants, dont les deux tiers sont âgés de moins de 30 ans et avides de progrès, de perspectives d’avenir et de prospérité, l’Afrique intéresse bien le géant américain qui y voit des opportunités exceptionnelles. Au cours des trois dernières décennies, l’informatique a constitué l’un des principaux générateurs d’opportunités et de prospérité pour des millions de personnes, notamment dans les pays développés d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie.

L’ordinateur a joué un rôle clé pour aider les entreprises à réduire leurs coûts, à améliorer leurs niveaux de qualité, à créer de nouveaux produits et à conquérir de nouveaux marchés. Pour le Malien Cheick Modibo Diarra, président de Microsoft Afrique, trop souvent, le débat public a été marqué ces derniers temps par un afro pessimisme, par l’idée que nous n’avons ni le talent nécessaire, ni les compétences, ni les investissements pour atteindre le développement. Mais selon lui, il existe aussi un afro optimisme, qui fait pencher la balance de l’autre côté sans connaître parfois les défis auxquels d’Afrique est confrontée. L’ex-employé de la NASA qui privilégie pour sa part l’afro responsabilité pense que l’Afrique dispose de réelles compétences, a accès aux investissements nécessaires et bénéficie de l’expertise nécessaire. Et il prône le e-gouvernement pour sortir l’Afrique de l’ornière. Pour lui, le Cap-Vert est l’un des pionniers de l’afro responsabilité.

« Au cours de l’année écoulée, grâce à un engagement constant en faveur de l’utilisation innovante de la technologie, cette île a posé les premiers jalons d’un système de gouvernement. Un système qui vous permet d’accéder via un téléphone portable aux registres et certificats officiels … qui aident les chefs d’entreprises à créer leur structure … et, plus important encore, qui aident à déterminer précisément les résultats des élections nationales », explique Cheick Modibo Diarra.

Mais derrière cette notion de e-gouvernement, Microsoft fait la promotion de ses logiciels, de ses services et de ses solutions. Ce n’est pas étonnant que des dons faits aux écoles du Burkina Faso et du Sénégal ciblent des ordinaires taillées sur mesure et n’étant capable que de prendre les logiciels Microsoft derrière le vocable de «solutions informatiques adaptées, abordables et accessibles»
«Le retard de notre continent sur le chantier du développement peut être rattrapé avec les réelles opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication. Il nous revient de les saisir et de nous assurer du soutien des partenaires au développement», disait le président Burkibabé, Blaise Compaoré. Mais les ordinateurs de seconde main envoyés en Ouganda se sont avérés assez vieux pour ne pas permettre l’installation des derniers logiciels. Est-ce cela le développement ?

F. Traoré

05 mai 2008